Pas à pas de Séville à Santiago

 

Voilà LE projet... En ce tout début 2017, j'en suis encore aux hésitations, aux nombreuses questions. Comme avant chaque départ, bien sûr, mais avec plus d'inquiètude. Parce que, après avoir connu le meilleur sur 6600km, durant 6 périples, j'ai connu le pire sur le chemin 2015... Je ne veux surtout pas revivre cela...

Marcher, pour moi, ne doit être que bonheur. Alors où en suis-je vraiment ? Si je partais, mon mental 2017 serait-il à la hauteur ?

Dans mon souvenir, le chemin 2015 et toutes ses galères commence à peine à s'effacer. J'ai appris à relativiser. J'ai compris pourquoi ce chemin avait été aussi difficile pour moi. Et, en connaissant les raisons, en trouvant mes réponses, je sais bien que seul mon très mauvais mental de cette année-là est responsable de toutes mes souffrances.

J'ai eu la confirmation de ce que je savais déjà. On peut aller très loin dans l'acceptation de la douleur physique, surtout sur LE Chemin. Parce que le bonheur de pouvoir le parcourir, les belles rencontres, cette impression de liberté, tout cela compense très largement toute douleur.

Par contre, il est beaucoup plus difficile de dépasser un très mauvais mental. En tous les cas pour moi, ce fut dramatique. J'ai souffert au-delà de ce que je croyais pouvoir supporter, sans en tirer aucun petit moment bonheur. Je n'ai rien apprécié de ce chemin, ou si peu.

J'ai donc pris du recul... Je ne suis pas partie en 2016, alors que depuis 2008, chaque printemps me voyait rechausser mes chaussures de rando et reprendre le sac à dos.

J'ai laissé JC partir seul pour parcourir le chemin du Portugal, au printemps. Si mes gambettes frétillaient de frustration, ma tête, elle, n'était pas encore prête pour un nouveau départ.

Le temps a encore un peu passé, puis j'ai eu envie de me lancer un tout petit défi, une marche très courte, très tranquille, mais belle et sereine, juste pour redécouvrir le plaisir de marcher.

C'est ainsi que je suis partie, en septembre, et que j'ai parcouru le chemin qui suit le canal du Nivernais, en aller retour. 360 km qui m'ont réconciliée avec la randonnée. J'ai respiré à plein poumon, j'ai écarquillé les yeux devant cette nature qui se transformait en tableaux de maître. J'ai retrouvé le plaisir d'aller à la rencontre des gens, de partager quelques moments avec les personnes qui croisaient ma route. Cela ne s'appele-t-il pas tout simplement le bonheur ?

 

Photo prise sur le site du Gers

Commentaires : 1
  • #1

    Mony (mardi, 30 janvier 2018 17:02)

    Juste pour les curieux ou ceux qui ont un peu de temps... Ressenti de Jacky ( Maryse) après lecture de mon dernier périple... Je résume ? Jacky ne sait pas faire court ;) et... Il aurait aussi, je crois, aimé trouvé un roman là où je n'ai écrit qu'un carnet de bord :) Merci à toi Jacky <3 pour tous ces mots

    "A raison d'environ 6' par journée de marche en prenant le temps de déguster, il m'a fallu à peine 4 heures pour engloutir vos 1 000 kms de réjouissances. Du 250km/h, un record pour emboîter des pas!!!
    Je suis rentré dedans tout de suite et ai pris beaucoup de plaisir à écouter le vertige de tes pas me révéler l'âme de l'auteure. Pas
    vraiment difficile, tellement je me sentais imprégné de tes pensées.
    Diantre, serait-ce que je connaisse cette sémillante vagabonde depuis si fort longtemps? J'ai aussi aimé voyager à vos côtés, sans trop mot dire, laissant simplement nos pas emboîtés se conter tant. Même que j'ai retrouvé l'envie d'envoyer mes jambes vagabonder à nouveau. J'ai apprécié le phrasé court qui donne tout son peps au carnet de route et relevé avec plaisir les notes d'humour que tu me sais tant affectionner.
    Pas à pas, je vivais vos pas dans toute leur luminosité, rehaussés par l'indicible beauté de photos en noir et blanc.
    Et puis, et puis plus j'avançais, plus j'avais envie d'en déguster des pages et des pages qui me semblaient trop se raccourcir. Attention, ici entre en scène la démence exigeante du passionné. Les jours passant, j'ai peu à peu commencé à éprouver ton état de fatigue, ce qui me semblait t'inciter à moins user de la force des mots. J'ai vécu une dernière quinzaine plus compliquée, sans pour autant jamais te perdre, la beauté des lieux continuant à dérouler sous mes yeux son tableau de
    maître. Le décor est resté. Ne m'a manqué que la luminosité du 1er plan, imperceptiblement atténuée pendant que le chant des mots se raréfiait. Imagine le manque pour un lecteur désireux de s'abreuver à l'âme d'une auteure qui n'en dit quasiment mot. Et moi qui aurai tant aimé cette auteure jusqu'à ses derniers maux. Un léger coup de fatigue? La répétition d'un quotidien usant? ou peut être un pudique voile se chargeant de draper les affres de l'âme? Qui sait?
    L'impudent lecteur sentait alors défiler des jours de peu de mots. Effet de trop de maux!! Et puis non, vu les capacités créatrices d'une auteure dont il partageait le moindre pas, le lecteur savait bien qu'à Monyclaire-ment rien d'impossible.
    Alors il a cherché, cherché pour finalement trouver de quoi tenir en chemin. Oh, une explication bien à lui, qui ne vaut que ce qu'elle vaut, c'est à dire pas grand chose. Et si le coup de pompe de Mony n'était dû qu'à ce gros matou de compagnon qui lui dévorait trop de ces zestes d'énergie? Je veux parler de Facebook, bien entendu (ouf, sauvé, je sens
    que je t'ai fait peur là!!). Multitâches la Mony qui a peine récurée,
    délassée et dessalée se lançait dans un marathon d'écriture tout en facebookant à qui mieux mieux sur son joujou favori. Comment- vouliez-vous qu'elle tienne la Mony?? Comment aurait-elle pu se multiplier tout en frisant partout l'excellence notre aventurière?
    M'étonne pas qu'elle ait laissé 3 kgs d'insouciance en un si chargé chemin.
    Bon, je sais, une star se doit à ses compagnons facebookeurs mais faudrait pas qu'elle en oublie l'intarissable soif du lecteur, lui qui lape et relape mots autant que maux, dans un même et délicieux salivage!! Et c'est que lui aime y revenir tellement plus souvent le lecteur assidu, même si, au passage, il doit laisser aussi 3 kgs de sueur de semelles dans le sillage de l'auteur...
    Bref, toutes ces élucubrations pour cafeter sur ce qui m'est arrivé, pendant que tu t'alanguissais devant tes dernières cafetières. Ben oui, j'ai laissé mes rêves se perdre délicieusement dans la douce poésie de JC, pendant que mes pas trottaient en sa compagnie le soir venu. C'est que mes mollets piaffaient autant que ceux de JC, tu sais. Faut dire
    qu'ils ont aussi cette manie d'aimer faire automatiquement de la
    rallonge en soirée eux aussi.
    Et puis enfin, à Fisterra, j'ai fini par retrouver mon couple de
    pèlerins favoris, ce qui m'a permis de laisser mes pensées s'engloutir auprès des vôtres dans la profondeur des abysses océanes....
    Du bonheur à l'état pur, rien que du bonheur.... Que 2018 tapisse de bonheur le chemin de vos rêves.