2017... Le long de la Via Rhôna

En suivant le Rhône, rejoindre la Méditerranée

Petite balade de fin d'été, début d'automne, demandez le programme.

La destination importe peu, seul compte le fait de se retrouver libre, quelque part, riche de temps. Avec l'envie d'observer, écouter, sentir... Une organisationsemblable à celle de l'an passé lorsque nous avons suivi le canal du Nivernais. A savoir une expédition de luxe puisque nous aurons notre lit qui nous suivra, je veux parler bien sûr du fidèle Berlingo rouge qui a la prétention de remplir le rôle d'humble camping car. Une organisation qui nous apporte toute l'indépendance voulue ( il ne nous reste qu'à trouver un camping chaque fois) mais qui nous oblige à une organisation particulière : nous parcourons l'ensemble du trajet en aller retour. Ceux qui pratiquent la randonnée savent bien que cela n'a rien de démoralisant puisque nous voyons les choses de manières différentes, dans un sens puis dans l'autre, pas de lassitude... Nous favoriserons les étapes à pied chaque fois que les distances seront raisonnables ( jusqu'à 30 km).. Au delà nous serons en vélos...

Pour ce départ, un fil conducteur, le Rhône... Nous l'avons déjà parcouru de Genève à Yenne, en 2012. Nous allons reprendre à peu près à ce niveau.

Nous avons choisi comme lieu de départ La Balme... ( un peu au niveau du Belley, sur la carte ci-dessous). L'arrivée ? Si... si... Si... La méditerranée... un parcours d'environ 560 km, donc 1120 km en parcourant l'ensemble en aller retour... Cela ne sera pas exactement cela... Il y aura des sauts de puce faits en voiture si nous devons parcourir des zones par trop industrielles par exemple. Ou des zones réputées dangereuses. Cette Via Rhôna est loin d'être terminée quoique voudraient en dire certains professionnels du tourisme... Nous nous écarterons aussi parfois de l'itinéraire pour aller rendre visite à quelques amis situés « pas trop loin » de notre lieu de passage :) Avoir un véhicule, je le redis, est une vraie richesse, nous en profiterons donc...

Il nous manquait une date de départ, elle vient d'être arrêtée avec mon compagnon de voyage, nous arriverons sur « les lieux » le dimanche 3 septembre en cours d'après midi, pour un départ le 4... GO !!!

Voilà, je crois que vous en savez autant que nous.

Maintenant... Il y aura des questions auxquelles je n'aurais pas forcément de réponse. Il y en a une qui revient chez ceux à qui j'en ai déjà parlé : Vous faites deux périples par an maintenant ? Heu... Non, pas forcément, mais en 2017, oui... Après, on verra... Qui sait si nous partirons en 2018 ? Ce projet était le mien pour 2017, le Chemin de Séville étant celui de JC... Pourquoi attendre 2018 pour réaliser le mien ?

Notre véhicule, notre lit, notre camp de base, bref notre fidèle compagnon qui nous aidera à réaliser notre prochaine virée...

Commentaires: 0

jeu.

21

mars

2019

Mon dernier roman : L'effet domino

L'effet domino

 

Les liens du cœur 

 

Roman disponible, me joindre par messagerie ou en laissant un commentaire ci-dessous avec votre adresse mail...

 

 

Et Rémi adopta son père fut d’abord une nouvelle écrite en 1999, publiée dans mon recueil Chemins d’ombre et de lumière. Le thème du concours était : Le poids du mensonge.

J’ai eu envie, presque vingt ans plus tard, de reprendre cette nouvelle pour en faire un roman. Cette écriture a débuté en février 2018, très peu de temps après la parution de mon roman Lucas, 4 ans, enfant des rues. N’en avais-je pas fini avec ce petit bougre ? Les demandes des lecteurs m’ont-elles influencée ? Je ne sais pas. Toujours est-il que fort naturellement Lucas s’est imposé dans ce roman. Ceux qui, comme moi, se sont pris d’amour pour Lucas seront heureux de retrouver les personnages de ce roman. Il reste cependant totalement indépendant et pourra se lire sans avoir lu le précédent.

Deux enfants, deux histoires différentes mais les mêmes questions, la même quête. Ensemble, réussiront-ils à renouer avec les liens du passé ? Trouveront-ils leurs réponses ?

Premier extrait :

Marine est presque à l’heure, son passage chez son client ne l’a pas trop retardée. Comme à l’ordinaire, elle ralentit devant l’abri-bus, là où Rémi a la consigne de l’attendre. D’ordinaire, il la guette et se précipite dans la voiture. Elle est étonnée, elle s’est arrêtée et Rémi n’a même pas relevé la tête, comme s’il ne l’avait pas entendue. Il est en grande conversation avec un petit garçon et celle qui doit être sa maman. Après tout, elle a un peu de temps et elle est curieuse de savoir ce qui provoque autant d’intérêt chez son fils, lui qui sympathise si difficilement. Elle va donc se stationner un peu plus loin et revient vers l’abri-bus. Lorsqu’elle apparaît dans son champ de vision, Rémi regarde enfin dans sa direction.

— Je ne t’ai pas vue arriver maman, excuse-moi.

— Ah ça, j’ai bien vu. Bonjour madame, ajoute Marine en se tournant vers la jeune femme qui discutait avec son fils.

— Bonjour. Je m’appelle Laura et je suis désolée d’avoir troublé votre fils au point qu’il vous oublie. On vient de faire connaissance. Il semblerait que nos deux écoliers soient devenus copains.

— Moi, c’est Lucas, j’ai quatre ans, mais Rémi veut bien être mon copain. Marine sourit de voir ce petit homme si sûr de lui, et se comporter mieux que certains adultes.

— Eh bien, il ne me reste plus qu’à me présenter à mon tour. Marine.

— Maman, hier soir, tu étais occupée et je ne t’ai pas dit...

— Oui, je sais, nous n’avons pas eu beaucoup le temps de parler. Que voulais-tu me raconter ?

— Il voulait te raconter notre vie, je parie, claironne Lucas.

— Lucas !!! le houspille sa mère, je ne veux pas que tu tutoies ainsi les gens, je te l’ai déjà dit !

— Donc, Rémi aurait pu me raconter votre vie ? commente en souriant Marine. Dis-moi, qu’a-t-elle de si particulier votre vie ?

— On était des chiens errants, répond spontanément le petit garçon.

— Non ! hurle presque Laura. Je ne veux pas que tu emploies cette expression et ça aussi je te l’ai déjà dit. La jeune femme se tourne vers Marine.

Elle paraît un peu embarrassée.

— Notre histoire est particulière et...

Elle s’interrompt soudain et Marine devine qu’elle n’a pas trop envie d’en dire plus dans l’immédiat. Elle décide de faire diversion et prend une décision qui l’étonne elle-même.

— Ce prochain dimanche, cela vous plairait de venir prendre un goûter chez nous ? Les garçons pourraient passer un peu de temps ensemble et nous, nous pourrions faire plus ample connaissance ? 

Extrait  2: 

Ce dimanche matin, contrairement à son habitude, Rémi se réveille tôt et bouscule un peu sa mère afin qu’elle se lève. Il sait pourtant qu’elle aime profiter de sa seule matinée où elle peut s’accorder un peu de répit.

— Debout, maman, on doit faire des gâteaux.

— Des ? Tu crois qu’ils auront si faim que cela ? se moque Marine en tentant de se recoucher.

— Maman, je ne t’ai pas dit...

Il laisse sa phrase en suspens.

— Pas dit quoi ?

— Maman, Lucas...

Il hésite un peu avant de poursuivre...

- il vivait dehors, dans la rue, quoi.

Marine est si surprise qu’elle reste quelques instants sans voix. Elle repense à Laura, à son fils, ils lui sont apparus si « normaux »... mais elle se reprend aussitôt. Elle s’attendait à quoi ? Qu’une sans-abri ait un look particulier ? Bien sûr que non. Ce sont des gens comme elle, tout simplement, rien ne les distingue. Elle pense aux mots de Lucas, son expression de « chiens errants » et l’effroi de sa mère de l’entendre parler ainsi. Elle comprend mieux. Elle comprend surtout que bien que différente, la vie de Laura n’a rien à envier à la sienne. L’une et l’autre sont embarquées dans une drôle d’histoire. Malgré tout, Rémi a employé l’imparfait, se pourrait-il que ces deux-là aient réussi à s’en sortir, d’une manière ou d’une autre ? Marine est soudain impatiente d’accueillir ses invités. Elle ne sait pas encore si Laura et elle arriveront à se faire des confidences, mais elle se félicite d’avoir eu cette très bonne idée de les inviter. Ils vont bientôt arriver. Rémi est impatient et sa mère l’est tout autant. Ensemble, ils ont cuisiné. Rien que cela a été un moment de plaisir. Marine ne se souvient plus depuis quand elle n’a pas pris ainsi le temps de partager une occupation, quelle qu’elle soit, avec son fils. La sonnerie de l’entrée interrompt ses pensées. Rémi bondit pour aller ouvrir. Il se retrouve nez à nez avec un pistolet braqué sur lui ! Enfin, avec la main de Lucas qui en fait office et ce fichu garnement est hilare.

— Tu ne devrais pas ouvrir comme cela, le réprimande son copain qui reprend son sérieux. On aurait pu être des méchants. Il faut vérifier avant d’ouvrir, c’est Julie qui dit ça.

— Et elle a bien raison cette Julie, approuve Marine en les faisant entrer. Il va falloir que tu m’expliques aussi qui est Julie, tu veux bien ?

— C’est toute une histoire, soupire Lucas. Maman va te raconter ça, nous on a des choses à faire, hein Rémi ?

— Je crois que je n’y arriverai jamais, se moque Laura. Ce môme tutoie tout le monde, comme s’il était copain avec la terre entière.

— Il est vraiment mûr pour son âge, c’est plus une qualité qu’un défaut je crois, sourit Marine. Allez entre.

Elle s’arrête brusquement, hésite un instant et en éclatant de rire, elle demande à Laura :

— Bien sûr, on se tutoie ?

Finalement, Lucas, toujours à son aise en toutes circonstances, a détendu l’atmosphère et les deux jeunes femmes sympathisent très vite.

 

Un autre extrait ?
"En ralentissant devant l’école, Victor aperçoit Rémi, assis sur le banc de l’abri-bus. Il semble le guetter. Dans sa vie d’avocat, il a rencontré très souvent des situations particulières, embarrassantes parfois, difficiles ou troublantes. Celle-ci en fait partie. Tout d’abord parce que son client, Pierre, est devenu un ami très cher. Il a toujours pris garde de ne pas mélanger travail et domaine privé. Pierre est la seule exception. De suite, le courant est passé entre eux. L’histoire de cet homme l’a profondément touché. Pierre est un homme droit, franc, foncièrement honnête. Il restera pour Victor comme un cas d’école. Un exemple de ce qui peut arriver à chacun. Nul n’est à l’abri d’un dérapage, d’une erreur. Que l’on paie ensuite très cher. Pierre n’a jamais nié sa culpabilité, jamais tenté de minimiser les faits. Parce qu’il est profondément convaincu de mériter sa condamnation, il n’a jamais tenté de s’expliquer avec sa femme. Il n’a jamais essayé d’obtenir un peu de compréhension, encore moins sa clémence. Pour Victor, c’est une erreur. Il a côtoyé bon nombre de délinquants, du petit voleur occasionnel au vrai truand, beaucoup ont gardé, lors de leur emprisonnement, soit leur mère, soit leur compagne, soit un ami. Quelqu’un de proche qui les soutenait au fil des jours. Pierre a été terriblement seul au cours de ces sept années de réclusion. Il a affronté l’univers carcéral avec détermination. Il a su se faire respecter sans une seule fois attirer l’attention sur lui, que ce soit par les gardiens ou les autres détenus. Il dégage une sorte de force que chacun respecte. Il était pourtant bien jeune lors de son arrestation. Mais déjà mûr et responsable. C’est ce qu’il y avait d’incompréhensible dans son dossier. Comment un homme aussi pondéré avait-il pu se laisser entraîner dans une magouille qui allait mal finir et lui valoir l’écroulement de sa vie ?"

 

 

Illustration réalisée par Maryse Dessin, visiter son blog

Couverture réalisée par Yoann Sauvanet

Mise en pages et correction faites par Véronika

Lire la suite 0 commentaires

mer.

20

mars

2019

De Sète à Royan, par le canal des deux Mers

 

 

Nous partirons de Sète

Nous ne serons que deux

Chaque jour sera fête

Nous marcherons pour eux

 

Unis par la pensée 

Nous serons tous alliés 

Eux, des forces nous donner, 

Nous, l’espoir renvoyer

 

Aussi lointains qu’ils soient 

À chacun de nos pas 

Nous les emmènerons, 

Vers Royan nous irons 

 

Tout au long du chemin 

Amis rencontrerons

Café partagerons.

Sur un signe de la main 

Chacun repartira 

Satisfait et heureux, 

Conscient d’être chanceux 

D’avoir vécu cela 

 

Mony

Infos pratiques

Le sens tout d'abord... Pour ne pas avoir le soleil dans l'oeil, nous qui avançons surtout le matin, le départ se fera de l'Est, direction Ouest... Donc un départ de Sète. De la Méditerranée vers l'Atlantique.

Quand ? Nous arriverons à Sète le 20 avril. Nous visiterons cette ville le dimanche 21 et commencerons notre périple le 22 au matin. Déjà un très grand merci à Sandra et à ses parents qui nous ont proposé spontanément de nous accueillir lors de ce passage à Sète. 

La première étape nous amènera à Agde.

Comment ?

Je réexplique notre fonctionnement qui semble un peu compliqué mais qui en fait est relativement simple à mettre en pratique. Nous avons nos vélos accrochés à notre fidèle Berlingo. Nous dormons dans notre véhicule et nous nous installons dans un camping pour bénéficier des sanitaires.

Nous trouvons un camping à un point B ( voir photo ci-dessous)

Le premier jour nous partons vers le point A... et revenons à notre point de départ ( point B) pour la nuit.

Le lendemain, nous repartons du point B, en direction du point C puis revenons au point B pour la nuit...

Le jour suivant, nous déplaçons notre voiture pour l'amener au point D... Etc. 

Pour tous ceux qui pourraient penser que cela doit être peu intéressant de faire ainsi l'aller et le retour de chaque portion, pour notre part, nous pouvons affirmer qu'il n'en est rien... Nous ne voyons pas les mêmes choses dans un sens, puis dans l'autre. Pour preuve, moi la fana des photos, j'en fais autant à l'aller qu'au retour... Nous ne sommes pas à notre première expérience de cette formule pour voyager... Ici, le canal du Nivernais, en 2016

et ici, en 2017, la Via Rhôna

Combien de km pour ce périple ? Aucune idée. Quand on aime on ne compte pas... A titre indicatif, de Sète à Bordeaux, par la route, il y a environ 600 km, selon l'itinéraire choisi... Donc, en aller retour, cela devrait faire dans les 1200 km... 

Photo Robert Buffet, lors de notre arrivée à Port Saint Louis après avoir parcouru la ViaRhôna
Photo Robert Buffet, lors de notre arrivée à Port Saint Louis après avoir parcouru la ViaRhôna

Pour cette traversée de la France, de la Méditerranée à l'Atlantique, je pense que nous alternerons le vélo et la marche... Le premier va plus vite, pour moins de fatigue mais avec la seconde, on fait plus de belles rencontres...

Comme toujours avant un départ, je suis en plein questionnement... Si je ne sais pas ce que j'attends de ce futur périple, je sais par contre ce que je ne veux pas... Je ne veux pas être bousculée, prise par le temps, je ne veux pas m'imposer des impératifs, je veux juste me laisser vivre, doucement et, presque, sans but... Si le but est bien de traverser la France d'Est en Ouest en suivant le canal du midi puis celui de la Garonne, rien ne nous obligera à suivre toujours ce fil qui se voudrait conducteur... Pas d'impératif de temps, un nombre de jours non comptés...
Je veux jouer à la balade buissonnière, je veux suivre ces petits chemins qui ne mènent peut être nulle part mais, où souvent, se cachent des trésors. On l'a souvent vérifié lors de nos "erreurs" de parcours... 
Oui, là, sera le BON CHEMIN 

0 commentaires

jeu.

14

mars

2019

La jeune fille au pair de Joseph Joffo

La jeune fille au pair de Joseph Joffo

 

Présentation de l'éditeur :

Quelques années après la Libération, une jeune Allemande, Wanda Schomberg, arrive à Paris et se place comme fille au pair dans une famille juive de Montmartre : les Finkelstein. Un choix délibéré : elle espère pénétrer dans cette communauté, et connaître de près ces gens que les nazis destinaient à l’extermination.

Assez vite des liens de confiance et d’amitié se tissent entre Wanda et les Finkelstein. Pourtant, Wanda disparaît de temps en temps, pour quelques jours, sans motif connu. Quel est le secret qui hante sa vie ?

Sur des thèmes qui n’ont rien perdu de leur actualité, l’auteur du best-seller Un sac de billes – mais aussi de Tendre été et d’Abraham Lévy, curé de campagne – mêle l’émotion au sourire, dans un récit où l’apprentissage de la fraternité humaine débouche sur une véritable conversion intérieure.

 

 

Mon avis

 

De Joseph Joffo j'avais lu bien sûr le sac de billes. Mais c'était il y a bien longtemps. J'en gardais le souvenir d'un bon roman tant dans le fond que dans la forme. Lorsque j'ai vu celui-ci dans une boîte à livres de notre village, j'ai de suite été attirée par ce roman.

Même si le lourd secret qui hante cette jeune fille est relativement prévisible, même si on en devine la teneur, j'ai trouvé que les sentiments éprouvés par cette jeune femme étaient bien exprimés. On chemine avec elle. On comprend sa quête. 

Tel un roman policier, il est difficile de parler de ce livre pour ne pas trop en dévoiler. 

J'ai aimé l'écriture, fluide, j'ai aimé cette jeune femme, j'ai aimé chacun des personnages qui l'entourent et l'aident, chacun à leur façon, à aller là où elle doit aller.

J'ai aimé cette ouverture d'esprit, ce besoin de comprendre. J'ai aimé la toute fin... C'est un roman... Une amie professeur en Allemagne me disait que ce roman avait une année fait partie du programme du bac de français... Intéressant de dialoguer de cela avec de jeunes Allemands ou Français.

C'est l'Histoire, notre Histoire...

0 commentaires

jeu.

14

mars

2019

Que m'importe - Texte de Claude Cotard

Que m'importe ...

 

 

Un texte magnifique de Claude Cotard

Il se décrit lui même : Écrivain polygraphe.

Citoyen du monde.
Humaniste. Penseur Indépendant.
Et tant d'autres choses...

 

J'ai posé ma voix sur ses mots...

Merci à toi Claude pour ce texte, ces mots justes qui résonnent en nous...

Que m'importe !

L'homme qui meurt sous les coups est mon père !

La femme qui supplie et qui pleure est ma mère !

L'enfant qui a faim, qui en meurt est mon fils !

La jeune fille qu'on maltraite est ma sœur !

Le jeune homme qu'on emprisonne est mon frère !

Que tu sois d'Afrique, d'orient, d'occident.

Que tu sois blanc, noir, jaune ou métissé.

Que tu sois chrétien, Juif ou bien musulman

Que m'importe ! Ma terre est ronde !

Quand tes larmes coulent sur tes joues.

Quand ton sang se répand sur le chemin.

Quand un cri désespéré sort de ton cœur.

Quand les coups pleuvent sur ton corps.

Quand les insultes sont semblables à des gifles.

Que tu sois d'Afrique, d'orient, d'occident.

Que tu sois blanc, noir, jaune ou métissé.

Que tu sois chrétien, Juif ou bien musulman

Que m'importe ! Ma terre est ronde !

Tu n'as pas choisi le lieu même où tu es né.

Tu n'as pas choisi ton milieu social, culturel.

Tu n'as pas choisi ta famille, tes racines.

Tu n'as pas choisi tes coutumes, ta langue.

Tu n'as pas choisi de partir ou mourir.

Que tu sois d'Afrique, d'orient, d'occident.

Que tu sois blanc, noir, jaune ou métissé.

Que tu sois chrétien, Juif ou bien musulman

Que m'importe ! Ma terre est ronde !

Que m'importe, tes larmes sont semblables aux miennes

Que m'importe, ton sang à la même couleur que le mien

Que m'importe, ton cri est un écho à ceux que je retiens

Que m'importe, ces coups pleuvent aussi sur mon âme amère

Que m'importe, ces insultes sont une honte pour l'Occident

Que tu sois d'Afrique, d'orient, d'occident.

Que tu sois blanc, noir, jaune ou métissé.

Que tu sois chrétien, Juif ou bien musulman

Que m'importe ! Ma terre est ronde !

Que tu ait préféré partir au loin pour ta vie.

Que ce soit pour sauvegarder la vie de tes enfants

Que ce soit pour sauvegarder la vie de ton épouse

Que ce soit pour l'espoir et l'espérance dans l'avenir

Que ce soit pour fuir l'orage et l'ouragan, la mort

Que tu sois d'Afrique, d'orient, d'occident.

Que tu sois blanc, noir, jaune ou métissé.

Que tu sois chrétien, Juif ou bien musulman

Que m'importe ! Ma terre est ronde !

La honte est sur moi qui ne te tend pas la main

Sur moi qui considère la terre comme MA propriété

Honte sur moi qui ferme les yeux sur tes bourreaux

Honte sur moi qui détourne la tête, indifférent

Sur moi qui ai peur que ta misère soit contagieuse

Que tu sois d'Afrique, d'orient, d'occident.

Que tu sois blanc, noir, jaune ou métissé.

Que tu sois chrétien, Juif ou bien musulman

Que m'importe ! Ma terre est ronde !

Parce que je suis plus riche et plus cultivé

Parce que je suis né du bon côté de la terre

Parce que j'ai la bonne couleur, la bonne peau

Parce que j'ai la vraie religion, la bonne

Parce que je ne n'ai pas du tout abandonné

Que tu sois d'Afrique, d'orient, d'occident.

Que tu sois blanc, noir, jaune ou métissé.

Que tu sois chrétien, Juif ou bien musulman

Que m'importe ! Ma terre est ronde !

L'homme est une feuille morte portée par le vent

L'homme est un passager, juste un simple locataire

L'homme n'est pas éternel, et moi aussi je mourrai

L'homme n'est jamais le propriétaire de la terre

L'homme ne l'est que dans l'humanité et la charité

Que tu sois d'Afrique, d'orient, d'occident.

Que tu sois blanc, noir, jaune ou métissé.

Que tu sois chrétien, Juif ou bien musulman

Que m'importe ! La terre est ronde !

Je prie de ne pas vivre un jour tes combats

Je prie de ne jamais connaitre ton désespoir

Je prie de ne jamais perdre ce que tu as perdu

Je prie d'avoir la sagesse de regarder tes yeux

Je prie d'avoir le cœur de te tendre la main

Que tu sois d'Afrique, d'orient, d'occident.

Que tu sois blanc, noir, jaune ou métissé.

Que tu sois chrétien, Juif ou bien musulman

Que m'importe ! vient mon frère, ma sœur !

Lire la suite 0 commentaires

mar.

26

févr.

2019

L'effet domino - Les liens du coeur

L'effet domino

 

Les liens du cœur 

 

A paraître d'ici quelques semaines...

 

 

Et Rémi adopta son père fut d’abord une nouvelle écrite en 1999, publiée dans mon recueil Chemins d’ombre et de lumière. Le thème du concours était : Le poids du mensonge.

J’ai eu envie, presque vingt ans plus tard, de reprendre cette nouvelle pour en faire un roman. Cette écriture a débuté en février 2018, très peu de temps après la parution de mon roman Lucas, 4 ans, enfant des rues. N’en avais-je pas fini avec ce petit bougre ? Les demandes des lecteurs m’ont-elles influencée ? Je ne sais pas. Toujours est-il que fort naturellement Lucas s’est imposé dans ce roman. Ceux qui, comme moi, se sont pris d’amour pour Lucas seront heureux de retrouver les personnages de ce roman. Il reste cependant totalement indépendant et pourra se lire sans avoir lu le précédent.

Deux enfants, deux histoires différentes mais les mêmes questions, la même quête. Ensemble, réussiront-ils à renouer avec les liens du passé ? Trouveront-ils leurs réponses ?

Extrait : 

Ce dimanche matin, contrairement à son habitude, Rémi se réveille tôt et bouscule un peu sa mère afin qu’elle se lève. Il sait pourtant qu’elle aime profiter de sa seule matinée où elle peut s’accorder un peu de répit.

— Debout, maman, on doit faire des gâteaux.

— Des ? Tu crois qu’ils auront si faim que cela ? se moque Marine en tentant de se recoucher.

— Maman, je ne t’ai pas dit...

Il laisse sa phrase en suspens.

— Pas dit quoi ?

— Maman, Lucas...

Il hésite un peu avant de poursuivre...

- il vivait dehors, dans la rue, quoi.

Marine est si surprise qu’elle reste quelques instants sans voix. Elle repense à Laura, à son fils, ils lui sont apparus si « normaux »... mais elle se reprend aussitôt. Elle s’attendait à quoi ? Qu’une sans-abri ait un look particulier ? Bien sûr que non. Ce sont des gens comme elle, tout simplement, rien ne les distingue. Elle pense aux mots de Lucas, son expression de « chiens errants » et l’effroi de sa mère de l’entendre parler ainsi. Elle comprend mieux. Elle comprend surtout que bien que différente, la vie de Laura n’a rien à envier à la sienne. L’une et l’autre sont embarquées dans une drôle d’histoire. Malgré tout, Rémi a employé l’imparfait, se pourrait-il que ces deux-là aient réussi à s’en sortir, d’une manière ou d’une autre ? Marine est soudain impatiente d’accueillir ses invités. Elle ne sait pas encore si Laura et elle arriveront à se faire des confidences, mais elle se félicite d’avoir eu cette très bonne idée de les inviter. Ils vont bientôt arriver. Rémi est impatient et sa mère l’est tout autant. Ensemble, ils ont cuisiné. Rien que cela a été un moment de plaisir. Marine ne se souvient plus depuis quand elle n’a pas pris ainsi le temps de partager une occupation, quelle qu’elle soit, avec son fils. La sonnerie de l’entrée interrompt ses pensées. Rémi bondit pour aller ouvrir. Il se retrouve nez à nez avec un pistolet braqué sur lui ! Enfin, avec la main de Lucas qui en fait office et ce fichu garnement est hilare.

— Tu ne devrais pas ouvrir comme cela, le réprimande son copain qui reprend son sérieux. On aurait pu être des méchants. Il faut vérifier avant d’ouvrir, c’est Julie qui dit ça.

— Et elle a bien raison cette Julie, approuve Marine en les faisant entrer. Il va falloir que tu m’expliques aussi qui est Julie, tu veux bien ?

— C’est toute une histoire, soupire Lucas. Maman va te raconter ça, nous on a des choses à faire, hein Rémi ?

— Je crois que je n’y arriverai jamais, se moque Laura. Ce môme tutoie tout le monde, comme s’il était copain avec la terre entière.

— Il est vraiment mûr pour son âge, c’est plus une qualité qu’un défaut je crois, sourit Marine. Allez entre.

Elle s’arrête brusquement, hésite un instant et en éclatant de rire, elle demande à Laura :

— Bien sûr, on se tutoie ?

Finalement, Lucas, toujours à son aise en toutes circonstances, a détendu l’atmosphère et les deux jeunes femmes sympathisent très vite.

 

 

Illustration réalisée par Maryse Dessin, visiter son blog

Couverture réalisée par Yoann Sauvanet

Mise en pages et correction faites par Véronika

Lire la suite 0 commentaires