Acheter Pas à pas de la Bretagne à Santiago

Récit paru dans la revue de l'association "Récits de vie", n°61. En voici quelques  extraits.

Cette revue ne publie que des récits autobiographiques. Ce récit est dans sa grande partie, une reprise de la première nouvelle que j'ai écrite: En attendant les coquelicots, que l'on retrouve plus loin.

Écrire commentaire

Commentaires : 0

Du champ de coquelicots au chemin de compostelle

 

                Le champ de coquelicots, c’était dans mon autre vie.

Tout débuta par un contrôle médical. Vous savez, ces visites de routine que l’on fait chaque année à la même époque ? Moi, par pur hasard, c’était fin août que je me rendais à ce rendez-vous là. L’esprit ensoleillé, le coeur en fête, les yeux remplis de lumière, de couleurs. Brusquement, en une semaine tout a basculé.

Lorsque le mot a été lancé, j’ai cru être très forte. J’avais un cancer, on m’opérait et on n’en parlait plus...

 

 Là-bas vers la lumière, il y avait un  grand champ de blé, parsemé de coquelicots... Ce sont eux qui les premiers m’ont aidé à relever la tête. Irrationnelle comme pensée en un moment comme celui-là ? Sans doute, mais je venais juste de prendre conscience que je n’étais pas maître du temps. Pire encore, je n’étais pas immortelle. Soudain, je n’avais plus de futur. Atteindre le printemps me paraissait raisonnable...

 

J’ai compris que je ne m’en sortirais qu’en étant un tout petit peu égoïste. Les pessimistes, je ne voulais plus les voir, les entendre. Les négatifs, ceux qui se complaisent dans le malheur, réel ou imaginaire, je voulais les oublier. Pour gagner mon combat, je voulais choisir mes alliés. Pour cela cependant, je n’ai pas eu à faire le tri dans mes connaissances, très vite le silence s’est fait. Près de moi, j’ai eu peu de monde, mais ceux qui sont restés ont été formidables, ils ont su être là tout simplement. Ils m’ont beaucoup aidée par une courte lettre, une visite, sans rien attendre en échange. J’ai traversé des périodes où mon corps, mon esprit semblaient incapables de regarder autour de moi. J’étais engagée dans un combat intérieur si intense, que je suis devenue totalement indifférente au monde extérieur. Je dois avoir épuisé mon entourage, car il me semble avoir pompé sans relâche toute mon énergie auprès d’eux. C’est pourquoi aucun mot ne sera assez puissant pour leur faire comprendre aujourd’hui combien je les remercie...

 

Difficile de bien réagir face à un cancéreux ? Lorsqu’on est plongé dans le sombre et l’inquiétant, il suffit de si peu pour éclairer une journée. Et si aujourd’hui, vous le regardiez simplement sans baisser les yeux, en répondant à son sourire ? Demain, vous prendrez de ses nouvelles en abordant franchement son cancer. Le jour suivant, vous oserez plaisanter avec lui et, peut être, recevrez-vous en cadeau son éclat de rire...

 

Dix années ont passé dans ma nouvelle vie. Pour célébrer cette échéance tant attendue, j’ai eu envie de partir pour une grande aventure, mon Asie à moi, en quelque sorte. Un défi que je n’aurais peut être pas osé me lancer si je n’avais pas vécu l’expérience douloureuse du cancer. Avec lui, j’ai appris à dépasser ce que je croyais être mes limites. 1700 kms de parcourus en 72 jours de marche. J’ai réussi et j’offre cette victoire à tous mes compagnons, ceux qui aujourd’hui traversent mon chemin d’hier. Savoir que vers la lumière commence une autre vie. Mark Twain a dit: « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». Mais chut, là, c’est une autre histoire…


 

                                                                                             Mony

Retrouvez l'intégralité de ce texte dans mon livre : Fiction et réalité, un chemin d'espoir.

Cliquez sur la couverture du livre pour en savoir plus.

Le livre FICTION ET REALITE, UN CHEMIN D\'ESPOIR