parlez moi d'humour

Retrouvez les Treize Plumes, celles qui ont répondu sur Facebook à mon second défi écriture :
Ayant toujours à l'esprit le difficile combat que continue de mener certains de mes amis, le thème auquel j'ai cette fois pensé se rapporte à l'humour.
Le but serait cette fois-ci d'amener un sourire, voire un rire, un moment d'évasion, une éclaircie dans certaines journées grises.
Faire sourire, rire, est un exercice difficile, mais je compte sur vous.
Merci à chacun des auteurs
Monyclaire

  Voici quelques lignes de chacun des textes, juste pour vous mettre en appétit...

 

 

Recette pour les gentils bourreaux

 

Prendre un pieu
Un dur, un vrai
L’enfoncer à feu vif
Direct au coeur
Si possible
Afi n que la bête n’ait pas le temps de paniquer
Alors qu’elle musardait, tranquille,
L’esprit dans les pâquerettes et les petits oiseaux.
Il faut prendre soin des animaux.

 

Entretien avec Dieu...

 

Vraiment, je te remercie
De me recevoir aujourd’hui,
Et si tu ne viens pas souvent en bas
Ben, je comprends mieux pourquoi,
La vue, les jardins ! Quel panorama !
T’es sacrément bien installé, dis-moi !
Mais du coup tu n’es plus très au courant
Du parcours des hommes depuis longtemps.
Comme je te le disais dans mon courrier
Y aurait quelques réglages à effectuer,
Car depuis que tu as créé l’homme
Pas mal de choses ont foiré, en somme !

 

 

La guerre des chats

 

Dans un coin, Mina, la belle chatte persane, peut-être à l’origine du combat, regardait la scène, immobile, sans se départir aucunement de son flegme ordinaire.
Dans la cuisine les deux chats mâles se ruèrent l’un sur l’autre, déterminés à en découdre et visiblement à en finir. Je remontai aussitôt le store de la porte donnant sur le jardin et ouvris en grand sur la nuit noire les deux portes du séjour pour laisser ces énergies démoniaques partir dans le jardin.

 

Puis-je vous présenter mes cires ?

 

Ce petit paradis est niché dans le 9e arrondissement de Paris,au 10, rue Montmartre. Ce lieu de curiosité magique et féerique s’appelle le musée Grévin. Entendez-vous les appels des ces âmes gardiennes du sanctuaire ? Elles vous sont reconnaissantes de les avoir aimées et pour certaines adulées.
Suivez-moi dans ce merveilleux temple, je serai votre humble guide. Qu’une nouvelle visite commence ! Ah !… je me nomme Lucien.
Me voici à l’intérieur de cette fantastique maison habitée par les célébrités que je vais vous présenter. Ne soyez pas surpris de ma notoriété ni de ma familiarité envers ces quelques personnages car certains me doivent beaucoup.

 

Chapeau vole

 

Il faisait grand vent
Sur la grande place
Les tuiles volaient
Au-dessus des têtes.
Sortant d’un auvent
Le duc Stanislas
Imposant et laid
Brava la tempête.
Lors d’une rafale
Son chapeau tomba
Et roula bien vite
Hors de son regard.
Il fi t grand scandale
Couru, tituba
Criait qu’on l’évite
Prêt à la bagarre.

 

Il était une fois... un loup !

 

Le Petit Chaperon rouge sur le pont de Charenton, fébrilement a attendu son rendez-vous, plus que de raison.
Le loup, ne trouvant pas à son goût cette jeunette qui lui reprochait sans cesse d’avoir de si grandes dents, lui posa un lapin... de Garenne ; ce qui remplit le coeur de la petite écervelée de haine.
Alors, vexé de ne pas avoir été savouré par le carnassier, dépité le Chaperon s’en est allé dans la forêt rejoindre son ami le Petit Poucet pour l’aider à ramasser des cailloux pour, au dîner, agrémenter la soupe aux choux.

 

 

La colle

 

La vengeance des femmes bafouées est parfois impitoyable.
Mais quel est ce besoin qu’ont certains hommes de séduire, de baisouiller à tire-larigot ?
William, un Don Juan marié pourtant à une jeune femme intelligente et belle, ne pouvait s’empêcher de courir le guilledou, de multiplier les aventures galantes. Banal.
Il ne se souciait aucunement des femmes en tant que personnes, les considérait comme des victoires potentielles, qu’il rejetait dès que l’inconvenante devenait ennuyeuse. Il prenait,peu de précautions, et pouvait avoir plusieurs amantes en même temps. Son appétit sexuel était hors norme sans qu’il ne prenne aucun médicament pour propulser son chibre (sexe).

 

Eugène Dubalais, sa vie et son oeuvre

 

Eugène Dubalais était un jeune homme tout ce qu’il y a de convenable. Bien de sa personne – le menton de Brad Pitt, les oreilles de Gainsbourg, les yeux d’un chat malade, les cheveux de Nana Mouskouri –, jouissant d’une bonne éducation et, de plus, célibataire.
Inutile de dire qu’Eugène était devenu la coqueluche des réceptions données par tout ce que la ville comportait de vieilles filles en mal de mari, de beaux-pères en mal de gendre, de snobs en tout genre simplement désireux d’inviter un personnage aussi populaire et de deux ou trois collectionneurs forcenés qui, pour une raison qui échappe encore à l’auteur de ces lignes, s’étaient mis en tête de parvenir à couper subrepticement quelques poils de la luxuriante moustache d’Eugène afi n de les exposer sous une cloche de verre quelconque trônant sur le manteau d’une cheminée non moins quelconque.

 

Le tampon

 

Cela s’est passé un soir d’hiver.
Je finissais de préparer le dîner. Je mixais le potage quand je vis surgir notre Romaric. Il avait deux ans et demi à cette époque.   Il stoppa sa course au niveau de la porte de la cuisine, leva un bras en me présentant... ? Non ? Pas possible ! Mais si ! Il tenait entre le pouce et l’index une fine ficelle avec, à l’extrémité, un... euh... vous savez, ces choses que nous les femmes utilisons, une fois par mois... !
Il me regardait d’un oeil interrogatif, et à son air décidé j’ai compris qu’il ne me lâcherait pas avant d’avoir obtenu une réponse
à son : « C’est quoi ça ? »

 

Pourquoi je ne me suiciderai pas pour l’instant

 

Demain c’est le tirage de la super cagnotte du loto.
Sarkozy va libérer les salaires des femmes.
Saturne quitte mon ciel astral en fin de semaine.
Justin divorce enfin.
Je veux mourir maigre.
Je n’ai pas fini Proust.
Je viens de payer mes impôts.
La mode de cet été me va.
Je ne verrai pas Angélina Jolie vieille.
Le noir va trop bien à Gisèle.
Je ne connais pas les Saintes-Maries-de-la-Mer.
Je me suis réconciliée avec ma meilleure amie.
Il me reste des tickets de cantine.

 

La vie rêvée des mouches !

 

Ne trouvez-vous pas qu’il y a une recrudescence de mouches à la terrasse des cafés, depuis le retour en fanfare de la mode aux lunettes de soleil « vintage » ?
Des « cuisses de mouches » en mini-jupes colorées, haut perchées, sur un piédestal à aiguille.
Des lionnes au front haut, qui ne vivent que dans l’espoir que leurs ailes brillent de mille et un feux au soleil. Pour l’instant, ça sent le roussi !
Peu regardent voler les mouches, quand ils peuvent impunément les regarder passer... Je parle évidemment de leurs congénères masculins, qui bourdonnent qui bourrent plus qu’ils ne donnent, faudrait dire !
Bien sûr, les mignonnes font mouche à coup sûr, avec tous leurs attrape-mouches ! Mais attention, en revanche, certains sadiques sont munis de tapettes à mouches !

 

Le poulet à quatre pattes

 

Il était une fois…
Une petite fi lle blonde, bouclée, sauvageonne, à l’air souvent renfrogné et familièrement dit, un peu chipie sur les bords. Prénommée Vonette, cette petite habitait, avec son grand-père et sa grand-mère – qu’elle appelait d’une façon originale « mémé » – une modeste maison dans la région parisienne au bord de la Seine.
Cette petite fi lle, c’était moi.
J’avais des passions toutes simples : l’eau, un chien et deux chats, et une balançoire. C’est ainsi que je me balançais souvent avec mes amis chien et chats dans mes bras ; les chats, pauvres bêtes, étaient tenus la tête en bas ; quant au chien « Carlingue » son nom le prédestinait sans doute à faire des « loopings » car nous fi nissions immanquablement tous les deux à rouler dans
l’herbe. De la porte de la maison, mémé me criait :
— Laisse ces bêtes tranquilles.
Et je lui répondais en riant :
— Ils veulent être avec moi, mémé.

 

 

L’herbe est plus verte de l’autre côté

 

Maurice et Mauricette se haïssaient depuis un demi-siècle.
Depuis exactement le 24 mai 1962, date offi cielle de leur venue au monde dans un concert de braillements, car – vous l’aurez compris – Maurice et Mauricette étaient jumeaux. Des jumeaux mâle et femelle, nés sous le signe des Gémeaux.
Les bouffées de hargne accumulées au fi l des jours avaient fini par former une chape qui les enveloppait dans un univers mental guère plus évolué que celui de l’éponge des grands fonds, leur commerce se réduisant à un échange de récriminations, d’insultes et de jurons.
Et pourtant, ils se ressemblaient à s’y méprendre, comme deux gouttes d’huile – normal pour des jumeaux, direz-vous ! Purs comme neige : puceau et pucelle, non par vocation, mais par accident.
Une facétie de marâtre Nature les avait dotés de la beauté de deux bouffons de cour. Une cour des miracles ! À faire fuir une volée de pies. Un visage de gargouille gothique, un nez aplati qui leur faisait un profi l à peu près aussi expressif qu’un tuyau de poêle, trois étages de menton, un gros bedon sur de grêles guiboles arquées.

 

 

Commentaires : 1
  • #1

    R.J Carré-Lapresad (vendredi, 19 avril 2013 15:12)

    Je suis bien tentée de l'acheter pour mon mari, il adore l'humour - et les livres courts...

    cordialement,

    RJ. Carré-Lapresad