Fleurs de Pavé de Claude Cotard

 

 " Je n'étais pas à l'abri, vous ne l'êtes pas non plus"

Il y a tout un monde de différences entre le récit et la lecture de ce même récit, bien installé « chez soi ». Il y a un toit, des repas chauds, l'accès à l'eau, à la douche, une armoire avec des vêtements adaptés à chaque saison, un espace pour faire sécher son linge. Un endroit pour dormir en toute tranquillité. Un toit pour, aussi, se soigner, et préserver notre si précieuse santé. Une adresse pour maintenir le côté social, pour exister, pour avoir une chance de trouver un travail... Tous ces petits riens, toutes ces choses si habituelles qu'on en arrive à les considérer comme normales. Et qui, oui, devraient être normales et accessibles à tous. Mais... qui ne le sont pas.

Claude nous raconte son quotidien... La peur. La honte. La fierté aussi. La foi.

Les tracasseries administratives pour les demandes d'aide. La lutte perpétuelle contre le renoncement, l'envie de se laisser aller. Résister aussi aux propositions alléchantes pour « trouver du fric facilement ».

Le sort des femmes SDF, peut-être encore plus terrible.

Mais aussi l'entraide, le soutien, la sollicitude entre compagnons de galère. «  J'ai laissé ma cave à Nora qui en a plus besoin que moi »

«  SDF, ce n'est pas un métier facile. Dire qu'il y en a encore qui croient qu'on s'amuse » ...

Il n'est pas toujours si facile de partager certains souvenirs. Quel que soit le gros os qu'on a eu à traverser, lorsqu'on réussit à s'en sortir, il est souvent tentant " d'oublier", et ranger les souvenirs au plus profond de soi...

Je persiste à dire que tout témoignage est important... La vie réserve parfois de bien tristes surprises mais savoir que d'autres sont passés par là et s'en sont sortis est un message d'espoir... aussi... Et, pour les autres, ouvrir un peu les yeux sur ce qui se passe au-delà de leur petit monde sans souci leur permettra peut être de relativiser... Encore faut-il qu'ils acceptent de lire et de s'informer, ceci est un autre problème...

Merci à toi Claude de nous avoir permis d'entrevoir ce monde, pour essayer de comprendre un quotidien inacceptable. Au moins essayer de changer les regards. 

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