Passage en terre natale

 

L'Anjou.... Vous connaissez, terre de toutes les douceurs... Pour moi le pays de mon enfance.... Je suis née à Durtal ( 49)

 

 

 

 

Je vais commencer par faire une petite promo bien sympathique : celle du restaurant où nous sommes allés, avec ma maman.

Situés à Montigné les Rairies, à quelques kilomètres de Durtal, O Défi.

Y aller et y retourner... ;) 

Bonne ambiance décontractée, familiale, un petit restaurant où on se sent bien. Ce qui n'enlève rien à la qualité du service, gentillesse, et à la qualité de cette cuisine familiale. Ne mangeant pas de viande, j'ai pu trouver un choix de légumes au buffet ( on se sert vraiment à volonté), ensuite bon choix également pour les légumes cuits... Bravo à vous, cela reste encore rare les restaurants qui s'adaptent pour les végétariens... 

Une mention particulière pour les desserts ( tarte et galette maison)... Délicieux...

Nous reviendrons, merci..

 

 

 

 

voici quelques photos pour en savoir un peu plus sur cette si jolie petite ville...

Durtal est situé en Maine et Loir, tout près de la limite avec la Sarthe

Voici maintenant quelques photos de Durtal, sous la neige.  Photos prises par 

Jean Yves Pilon

Je rapelle ici que Durtal est le cadre d'un de mes romans " Sans raison apparente"

Première page du roman :

Avertissement

Ceci est un roman et, à ce titre, les personnages ainsi que leurs destins sortent tout droit de mon imagination.

Les villes de Durtal et de Coullons existent bien, même si j'ai parfois un peu changé la description de certains lieux.

Si vous êtes observateur, vous pourrez peut être reconnaître la maisonnette de Pascaline au cours d'une randonnée dans la campagne avoisinante.

Ne cherchez pas à obtenir un rendez-vous avec ce très sympathique docteur Morin. À Durtal, vous trouverez des docteurs tout aussi compétents. J'en profite ici pour saluer l'un d'entre eux, le docteur L qui a su si bien réparer l'index de mon homme, en lui pratiquant 15 magnifiques points de suture, du très grand art...

Bien sûr, vous pouvez vous promener en toute sérénité dans les environs de Coullons. À ma connaissance, aucun tueur en série n'a jamais sévi par là-bas.

 

 

Un recueil de nouvelles où je parle de la maison de mon enfance, en Anjou

Une nouvelle écrite sur  le thème :La maison de notre enfance

L’Omelaye



Doucement, laissez-vous guider, je vous emmène au pays de mes rêves. Pour prix du voyage, juste une propension à rêver, une aptitude au bonheur, un goût pour les choses simples. Fermez les yeux, donnez-moi la main, je connais si bien le chemin ! Chaque fois que ma vie vacille en rencontrant la peur ou l’inquiétude, la douleur ou la solitude, lorsque la grisaille prend le pas sur le bleu du ciel, quand mon cœur s’enrobe de tristesse, alors, je franchis la porte, celle qui me conduit vers la maison de mon enfance.

Une dernière montée, un léger virage, elle est là, blottie au cœur d’une oasis de verdure et de fleurs multicolores. Le soleil éclaire et réchauffe ce petit monde privilégié. Franchissez la barrière avec moi. Sur la droite, la maison s’étale tout en longueur. Devant, la cour, avec ses poules, ses canards qui s’y promènent. Tout paraît calme et pourtant, soyez vigilants, j’ai connu une cane d’une rare agressivité. Sur le pas de la porte, le chat ronronne et s’étire. Après la cour, le potager avec à l’entrée, le puits ; tout autour, les fleurs se sont installées, surtout des dahlias, nombreux et si colorés. Au-delà du potager, s’étale le verger. Je revois ces grands paniers d’osier remplis de ces pêches de vigne que nous pouvions consommer à volonté. Il me semble retrouver la saveur de ces fruits délicieux.

De nos jours, nous regardons notre confort comme un dû, une évidence. Dans ces années cinquante, à la campagne, nous devions encore nous plier à quelques désagréments. Il fallait, par exemple, aller chercher l'eau au puits. Pas d’évier, pas de lavabo, pas de machine à laver le linge. Surtout, il fallait sortir pour aller aux toilettes. Donc, à l’extrémité de la cour, sur la gauche, se trouve la petite cabane qui servait de WC. Pour un enfant, il y avait l’angoisse de la nuit, le froid de l’hiver à braver. Là encore, ce sont les images agréables qui remontent. Cette cabane était « ma » cabane, je la transformais en palais, un palais dont j’étais l’unique princesse. Je la changeais au gré de mes envies, je la meublais, la décorais, j’y étais chez moi. J’y ai passé de longues heures à rêver ma vie future, une vie qui serait belle, je n’en doutais pas.

Sur le côté de la maison, se trouve le poulailler, je vous en reparlerai plus loin. Pour l’instant, pour quitter les toilettes et regagner la cour, il faut absolument traverser le territoire de Bouboule. Je retrouve mes frayeurs passées, un frisson me parcourt. Bouboule était un chien de garde remarquable, mais j’ai tendance à croire qu’il en faisait un peu trop, en clair, qu’il outrepassait ses droits. Ses aboiements, ses grondements résonnent encore à mes oreilles. Chaque fois que je passais près de lui, j’avais l’impression qu’il m’accordait une faveur; je tremblais en pensant au jour où il supprimerait ce privilège, sans doute sans préavis ! Je l’imaginais sans peine se jeter sur moi, pour me dévorer.

Enfin, derrière la maison, s’étale le « petit pré ». Je ne lui ai jamais connu d’autre nom et il tient une place primordiale dans mes souvenirs. J’ai une sœur tout juste plus âgée d’un an, nous avons été élevées un peu comme des jumelles. Nous partagions la même chambre. Le sommeil n’était pas toujours au rendez-vous et il nous arrivait parfois de chuchoter dans le noir. Nos éclats de rire s’envolaient pour atteindre la chambre de nos parents. Immanquablement, ma mère s’écriait : «  Si vous n’êtes pas sages, je vous passe dans le petit pré ». Ah, ce petit pré, combien de frissons ne nous a-t-il pas coûtés! D’inquiétude ? Certes non, nous devinions que jamais, au grand jamais, notre mère ne mettrait ses menaces à exécution. Mais qu’il était doux de se faire peur, d’imaginer ce qui pourrait nous arriver. Nous revenait en mémoire tous les monstres de nos contes d’enfants. Il y avait surtout cette fameuse « birouille » qui était censée terroriser tous les garnements de la région. Nous l’imaginions, tapie derrière les saules du petit pré, attendant patiemment que ma mère se décide enfin à passer aux actes. C’était si bon de se sentir à l’abri, bien au chaud sous notre édredon, quand le danger rôdait si près !

Voilà, nous avons fait le tour du propriétaire. Revenons juste un peu en arrière. J’étais si impatiente d’entrer que j’ai oublié de vous présenter mon arbre. Sur le bord de la route, pour signaler ou peut-être protéger notre domaine, un immense épicéa s’élève vers le ciel. Sa hauteur troublait mon regard d’enfant, j’ai toujours pensé qu’il était capable de me conduire vers un pays merveilleux, au beau milieu du ciel bleu. Les après-midi d’été, assise à l’ombre d’un pommier, je me laissais aller à la rêverie. Je regardais « mon » arbre et, par la pensée, je m’élançais à l’assaut de ses branches. Je grimpais facilement, il devenait protecteur, encourageant. Plus haut, toujours plus haut. Un nuage m’attendait, il se faisait moelleux, je m’y pelotonnais pour voyager au cœur d’un monde féerique. Combien de siestes enchantées n’y ai-je pas faites !

Près de mon arbre, l’élément clé, celui qui me vient le premier à l’esprit lorsque je repense à cette maison : le panneau, celui qui proclame le nom de ce lieu : « L’Omelaye ». Vous devinerez, sans peine, ce que ce nom évoquait pour un jeune enfant. C’est sans aucun doute pourquoi mes souvenirs commencent d’abord par un frétillement de mes papilles, une jubilation de mon odorat. L’omelette ! Celle que faisait ma mère. Bien dorée, cuite à point, d’une si jolie couleur. Venez, approchez un peu, goûtez ce délice, cette perfection ; après, vous ne regarderez plus de la même façon celle qui en est le premier maillon, celle sans qui l’omelette n’aurait même pas été inventée ! Vous êtes prêts pour la visite du poulailler.

Ne vous laissez pas troubler par tous ces caquètements, je les ai toujours connues aussi bavardes. Mais ce que je préfère ce sont leurs chants. Connaissez-vous le cri de bonheur, ou peut-être de victoire, celui que chaque poule lance après avoir déposé son œuf comme une offrande ? Ce cri s’envole et claironne au-dessus de la campagne environnante. J’étais très fière lorsque ma mère me chargeait d’aller ramasser les œufs, ils étaient encore tous chauds. Je remerciais mes amies pour ce précieux cadeau. Sans être encore une fine cuisinière, je savais déjà tout ce qu’on pouvait en tirer. Après l’omelette, je pourrais évoquer le pain perdu, les crêpes ou le gâteau de Savoie que ma mère réussissait si bien. Mais le temps passe, il nous faut poursuivre notre visite. Quittons le poulailler, je vous emmène maintenant au cœur de la maison, dans la pièce principale qui fait office de cuisine, de salle à manger, en somme une pièce à vivre. Le soir, tout le monde était réuni là, partageant la même chaleur et la même lumière. J’aimais surtout les soirs d’hivers, quand le froid, la neige, la pluie ou le vent transformaient ce lieu de vie en un refuge très sûr. Il me revient à la mémoire ces veillées où mes parents accueillaient des amis. Ils entamaient des parties de belote qui se terminaient tard dans la nuit. Ma sœur et moi, nous nous assoupissions souvent au fond d’un fauteuil. Pas question cependant d’aller nous coucher, nous attendions le moment magique où ma mère sortirait le gros pain de campagne, les rillettes et le pâté maison. Ces tartines, à deux ou trois heures du matin, avaient le goût d’une faveur, d’un privilège d’adulte.

Je me souviens aussi des retours d’école. C’était là, près de la cuisinière à bois que ma mère nous attendait. Une bonne odeur de pain grillé et de chocolat chaud flottait dans l’air. C’était si bon et si agréable de se réchauffer. L’école était distante de trois kilomètres, nous les parcourions à bicyclette. Alors bien sûr, notre bonne humeur dépendait de beaucoup des conditions climatiques ! Cependant, soyons honnêtes, ces allers-retours, effectués chaque jour avec les copines, étaient surtout une fabuleuse occasion pour de franches rigolades !

Il est vrai que le temps qui passe a eu sur moi cet extraordinaire pouvoir : celui de gommer tout ce que je trouvais déplaisant, triste ou agaçant, pour ne garder que l’essentiel : le bonheur de ces années-là.

Si je devais définir au mieux l’idée que je me fais de la maison de mon enfance, je la décrirais comme un phare. Sa lumière ne s’éteint jamais, elle est toujours là pour me guider, lumière pour les jours sombres ; aussi loin et aussi longtemps que je parte, elle m’attend toujours, fidèlement. Je ne cultive pas le culte du passé, ni regrets, ni mélancolie. Juste cette certitude rassurante que ce coin de soleil brillera toujours, que cette réserve de tendresse sera toujours là pour que j’y puise le courage de mieux repartir.

 

J’adore écouter nos rires d’enfants, déguster les saveurs d’antan ; mais il va être l’heure de nous éclipser. Je vous remercie d’avoir bien voulu m’accompagner dans cette visite, puissiez-vous repartir avec un peu du bonheur qui émane de ce lieu magique !

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Commentaires : 1
  • #1

    Chinou (samedi, 10 février 2018 18:27)

    J'aimais bien mes escapades avec maman; une sortie "entre filles" errance sur les petites départementales, petit resto, puis retour en se disant que nous en referions d'autres.