L'art difficile du papotage...

Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'une activité particulière, qui se pratique davantage il me semble dans l'univers féminin. Il s'agit du papotage.

C'est ce que j'ai fait hier avec une amie et cela fait un bien fou. Je me suis souvenue que durant les trentes années où j'ai vécu dans ce petit village d'Eure et loir, Garnay, il y avait chez moi cette quasi tradition. Deux amies venaient, chacune leur jour, passer une partie de l'après midi avec moi.

Plus tard, lors de mes dix années passées en Bretagne, je n'ai pas retrouvé cela. Je n'ai pas eu l'impression que cela me manquait, tant le temps a passé vite et je n'ai jamais eu l'occasion de m'ennuyer. Pourtant, hier, en retrouvant ce plaisir partagé, j'ai senti combien cette activité avait de bonnes répercussions sur le mental... D'autant qu'hier a été une journée très particulière pour moi, mais cela c'est une autre histoire...

Alors, comment se déroule une séance de papotage ? J'aime bien la comparer à ces paniers que l'on prépare pour un pique-nique. Ils sont recouverts d'un torchon, pour protéger ce qui'il y a à l'intérieur. Au dessus, on peut y trouver l'apéro, quelque chose à grignoter. Puis, en dessous, le plus sérieux, ce qui va combler notre estomac. On finira par un dessert, une friandise.

Alors, au début de la séance, on s'occupe d'abord du torchon. On évoque rapidement les banalités, on balaie les informations sans importance.

Et... On soulève le torchon et en guise d'apéro, on évoque les informations plus sérieuses. On prend vraiment des nouvelles l'une de l'autre, ce qui va bien, ce qui va moins bien. On prend le temps de s'écouter, de s'observer, de deviner. On décide de se taire ou d'approfondir, c'est selon.

Vient ensuite les vrais échanges en profondeur. Ceux qu'on n'évoqueraient pas ailleurs. Selon les jours, cela peut être, en terme de temps, du 50/50 mais lorsque l'actualité de l'une est particulière, d'un accord tacite, on passera le temps nécessaire à évoquer le sujet du jour.

Et puis, en friandise, là je souris encore en me souvenant des propos de mon amie Patricia. Elle me disait «  Oui, nous papotons, mais en aucun cas nous ne cancanons... À la rigueur, il peut nous arriver de faire des échanges d'informations »... Et oui... Dans un petit village, il y avait parfois de ces échanges d'informations qui valaient leur pesant de cacahuètes...

 

Le papotage devrait être conseillé par le corps médical. Pas la peine d'être remboursé par la sécurité sociale bien que ses bienfaits soient indéniables, mais tout simplement parce que c'est une activité entièrement gratuite.

Je me souviens, lors de mon traitement contre le cancer, combien j'appréciais ces visites que me faisaient Nicole. Combien je lui étais reconnaissante de me consacrer ce temps, si précieux, chaque semaine. Nous parlions cinéma, livres, vacances. Elle m'apportait un regard sur l'extérieur, une source d'évasion, elle me maintenait dans la VIE.

 

Aucune contre-indication, juste le bonheur de partager... 

 

Alors ? Papotons... 

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Commentaires : 7
  • #1

    Cordée (vendredi, 04 mars 2016 11:02)

    Tu sais en Lorraine, ma région natale, cela se faisait beaucoup, surtout en hiver
    Cela s'appelle en patois lorrain : le couarail qui vient d'une étymologie latine : quadrivium = carrefour.
    Cela se passait les après-midi, on apportait tricot ou broderie..je le faisais beaucoup avec ma belle soeur, nous habitions le même village.
    On parlait de nos gamins, de nos * hommes*, des gens du village...
    et puis, c'était le café et les petits gâteaux pour le * quatre heures*
    On refaisait le monde....
    Tout cela a bien changé....
    On était jeunes,
    Pas d'ordinateur, à peine la télé...
    Je ne pense pas que nous étions plus à plaindre que de nos jours.
    Nostalgie.
    Elle m'enviait., car nos maris étaient frères, et * le mien* comme elle disait, était plus gentil que * le sein*....ce qui était vrai.
    La vie ne nous a pas épargnées, l'une comme l'autre.
    Mais ces moments là restent gravés !
    Cela faisait du bien.
    Bonne journée ma belle,
    Plein de bisous et d'amitiés.

  • #2

    Patricia dit : "l'imparfaite" (vendredi, 04 mars 2016 19:24)

    Coucou Mony,
    Franchement, j'adore ça!!!! Quand je vivais près de Saumur, j'avais une amie avec laquelle j'aimais papoter des nuits entières sans jamais trouver le temps long.
    Parler d'elle, de moi, de nos passés, présents, futurs, des hommes qui avaient croisé nos routes et avec lesquels on avait fait un bout de chemin, des voyages des vacances des divorces mais le must du must était de parler des autres!!!! rires
    Puis j'ai quitté Saumur pour revenir à Tours et adieu les papotages, aujourd'hui que je vis loin de tout et de tous, j'ai beaucoup moins l'occasion de le faire mais dès que je rencontre une voisine dans un magasin (ce qui a été le cas aujourd'hui) on reste des heures en plein milieu d'une allée juste pour le plaisir de bavarder!!!
    Entre nous, les hommes aiment bien ça aussi, le mien adore, il dit que c'est du savoir vivre et de la convivialité entre voisin sauf que pendant ce temps, on avance à rien!!!
    J'aime beaucoup ton panier pique-nique mais j'aime surtout le croustillant du panier!! rires
    Gros bisous Mony et sympa ce papotage entre nana!
    Bisous à vous deux et belle soirée les belles

  • #3

    Mony (vendredi, 04 mars 2016 19:35)

    Merci "les filles" de votre passage mais ??? Où sont les Hommes ? Pourtant, tu as raison, Patricia, certains arrivent à être plus bavards que nous, et ça, c'est pas facile !!!
    Oui, moi aussi j'aime bien mon panier et, oui, la friandise est souvent le plus intéressant :)
    Merci Clarisse, grâce à toi, j'ai enrichi mon vocabiulaire en patois lorrain... je ne sais pas si j'aurais l'occasion de le replacer mais, je le garde... au fond de mon panier
    Gros bisous à vous deux, bonne soirée

  • #4

    calacaline (samedi, 05 mars 2016 09:24)

    Alors là moi j'aime bien papoter, cela m'arrive souvent avec une mamie. quand nous ne pouvons pas nous retrouver c'est par le téléphone. Mais tu sais dans le village (cela va faire 50 ans que j'y habite) c'est la campagne qui est devenu un village dortoir, mis à part quelques anciens qui ^sont encore là personne ne te connais. Un lotissement nous touche on ne se connaît pas juste une dame que je vois de temps en temps qui a eu de graves soucis de santé, autrement rien même pas un bonjour et dieu sait si j'ai essayer de rentrer en contact quand ils sont arrivés. quand aux hommes j'en connais qui aime papoter. Autrefois un voisin s'en allait avec la marotte travailler au champs, il en rencontre un autre et se mirent à discuter tellement bien que la cloche de l'église a sonné midi et le monsieur est rentré chez lui sans avoir fait son travail, mais la langue avait bien marché....
    Bon on peut trinquer les examens sont bons cela donne du poil de la bête, je vois l'oncologue le 10 et j'espère que mes rendez-vous vont être espacés.
    Bonne journée bisous

  • #5

    Mony (samedi, 05 mars 2016 09:29)

    Merci de ton passage Jackie, je suis surtout heureuse de cette bonne nouvelle... 5 ans cela se fête trèèèèèèèèèèèès fort...
    Pour moi, triste souvenir.... Un drame familial qui m'avait empêché de prendre conscience de ce pourtant si attendu anniversaire... c'est la vie
    Gros bisous

  • #6

    Cordée (samedi, 05 mars 2016 13:45)

    Pour le patois lorrain, je ne manque pas de vocabulaire....
    Il m'arrive parfois, pour m'amuser de sortir quelques jolis spécimens, ..
    Je suis ravie de la tête que font mes amis....
    Pour * couarail* on prononce : couâroye..avec au moins 3 accents circonflexes sur le A
    Bonne journée,
    Tout plein de bisous depuis Passy très enneigé.
    Pour la connexion dans l'appartement à Termignon...cela reste aléatoire, on verra bien.

  • #7

    Mony (samedi, 05 mars 2016 14:16)

    Coucou Clarisse
    Alors, si tu veux, je t'échange un peu de patois lorrain contre un peu de celui d'Anjou... http://www.actu-monyclaire.com/2015/08/12/les-jolis-mots-de-mon-enfance-quelques-mots-de-patois-d-anjou/
    Bisous et bon séjour à venir pour toi