Une chanson née sous le signe de l'amitié

L'histoire d'une belle rencontre...

Nous sommes dans les années 70... Educatrices, toutes les deux, Domy et moi, nous avons une vingtaine d'années et comme beaucoup de jeunes, nous avons cette envie de changer le monde... Nous avons jeté ces mots, un soir... Nous avions quelques collègues qui " travaillaient" avec nous... Loin, très loin de notre façon de voir à nous... Ces mots sont restés au fond d'un tiroir sur ce vieux cahier pourtant gardé précieusement... Et puis le mois dernier, j'ai écrit cet article, racontant ce passage de ma vie de ces années-là...

Jamais je n'aurais osé demander à Robert de mettre en musique et de chanter nos élucubrations de ces années-là... Cela fut lancé un soir, comme cela, dans un commentaire sur Facebook et... Tout de suite « mon » gitan a répondu et a accepté de se lancer dans cette belle aventure... J'ai compris que d'adapter cette chanson sur son orgue de Barbarie était compliqué et je le remercie d'avoir accepté...

Voici notre petit dialogue :

- Tiens, et si "mon" Gitantroubadour nous l'enregistrait, ce serait génial.

- Cette musique, j'ai vérifié, elle existe en carton perforé pour mon type d'orgue. Pourquoi pas ???

- Ce serait.... génial... Je ne sais pas si nous avons tout à fait compté les syllabes mais cela doit être à peu près cela... 

- Je vais regarder ça la prochaine fois que j'irai chez mon fournisseur de partitions. Un musicien transpose pour s'adapter au chanteur, sur mon orgue pas de transpositeur, il faut que ce soit moi qui m'adapte.

C'est aussi simplement que cela que l'aventure a démarré...

Alors a commencé tout un long travail pour Robert, un beau défi qu'il a relevé et réussi... Robert a enregistré cette chanson, tout à fait à la manière artisanale, avec un ami... Presque de l'improvisation pour un résultat de pro, bravo et merci à lui...

Quant à moi, il a fallu, aussi, que j'adapte cette chanson... Il s'est avéré qu'il manquait un couplet et la conclusion... Comme je l'ai dit de suite à Robert, pour moi l'écriture est spontanée alors, là, plus de 40 ans plus tard, ce n'est même plus du réchauffé !!! C'est alors JC qui s'y est collé... le huitième couplet est donc de lui et moi j'ai alors trouvé ma conclusion...

Elles étaient une dizaine

 

Elles étaient toutes ensemble

dans cet établissement,

travaillant nuit et jour

pour gagner de l'argent.

Elles n'avaient en commun

que ce triste besoin, 

qui revenait toujours

sans le moindre détour.

 

Chacune menait sa vie,

s'occupant du voisin,

chacune menait sa vie,

sans aimer son prochain.

Critiquant, papotant

en gardant leurs enfants

qui bien souvent souffraient

de ce qui se passait.

 

Elles parlaient nuit et jour

de leurs tendres amours,

de leur vie sexuelle

et de leur bagatelle

Ne sachant même pas 

mettre un voile à tout ça,

pour garder la beauté

d'un beau et tendre secret.

 

Elles pensaient tout connaître

des plaisirs de la terre,

de l'actualité et de l'éducation,

de l'instruction et de la société,

mais en réalité

ce n'étaient qu'illusions.

 

Monotone est leur vie

sans le moindre souci,

du travail à chez elles,

par les rues, les ruelles,

aux plaisirs des sorties

avec de fausses amies,

par devant on se sert,

par derrière, c'est l'enfer...

 

Pourtant, prise une à une,

elles essaient d'oublier,

pourtant prise une à une,

elles peuvent être sauvées.

Mais que faire et que dire

devant tant d'ignorance

devant cette destinée

qu'est la facilité ?

 

Mais malgré tout, pourtant,

il y a ces enfants

qui n'ont rien demandé

à cette société.

Il faut les épargner

de la stupidité

Que beau soit leur destin

Et qu'ils croient en demain


Les guider en bonté

C'est le plus beau chemin

Que l'on puisse présenter

A tous ces p'tis gamins.

D'amour et de beauté,

Un regard plus humain,

Sous la voute étoilée,

Pour de tendres matins.

 

Elles étaient toutes ensemble

Dans cet établissement

Travaillant nuit et jour

Pour gagner de l'argent

Mais il viendra un temps

Elles auront des enfants 

Il faudra bien qu'un jour

Elles apprennent l'amour

 

Mony et Domy

Adaptée sur l'orgue de Barbarie et chantée par Robert Buffet, notre Gitantroubadour... Merci à lui

Écrire commentaire

Commentaires : 4
  • #1

    gitantroubadour (dimanche, 08 mars 2015 08:13)

    Et là le mot artisanal prend tout son sens..........
    Merci Mony pour cette belle aventure !!!!

  • #2

    monyclaire (mardi, 10 mars 2015 11:18)

    Trouvé cette définition sur le Web, elle me plait bien : " L'artisanat est la production de produits ou services grâce à un savoir-faire particulier et hors contexte industriel : l'artisan assure en général tous les stades de sa production, de transformation, de réparation ou de prestation de services, et leur commercialisation. " Et... avec art ....
    Nous nous sommes, je crois, sufisamment remerciés, l'un , l'autre... Faisons maintenant, un tout petit peu d'auto satisfaction... NOUS avons bien travaillé, tous ensemble, chacun à son poste...
    Bisous et... MERCI

  • #3

    Patricia (lundi, 07 mars 2016 17:12)

    coucou Mony,
    Bravo à vous tous et pour les paroles et pour le travail de fourmi!!
    Comme de quoi, avec de l'envie, d'une idée peut naître de grandes amitiés et complicités.
    Bisous à vous deux et merci pour ce moment.

  • #4

    Mony (lundi, 07 mars 2016 17:36)

    Coucou Patricia
    Oui, j'ai aimé ce côté simple, la façon dont cela a été décidé... Spontanément... moi ? J'AIME !!!
    Je ne lui dis pas encore merci, peur de l'agacer à force mais, puisqu'il ne doit pas nous écouter, je lui redis MERCI
    Bisous pour toi