QUELQUES BONS SOUVENIRS D'UNE EDUCATRICE

 

 

J'avais envie ce matin de me souvenir de quelques bons moments passés avec " mes" enfants, ceux que j'ai cotoyés pendant mon activité professionnelle.

Ils sont plus de 2000 à avoir croisé ma route. Ils sont tous là, dans un petit endroit de ma mémoire. Des moments qui ne furent pas tous magiques, il en eut même des difficiles, mais qui me laisse pour la plupart de doux souvenirs. En voici quelques uns.

 

 

Le champs de maïs

Nous sommes dans les années 70. Je travaille au Fayet, en Haute-Savoie, dans un aérium. Les enfants sont là pour une prise en charge de trois mois. 

Je pars en promenade avec mon petit groupe. Comme j'ai la charge des petits nouveaux, je dois toujours tenir mon groupe éloigné des autres enfants. À leur arrivée, on respecte un certain isolement, pendant une quinzaine de jours, afin d'éviter toute propagation de maladies contagieuses.

Je suis donc seule avec mes dix gamins. Ils sont tous mignons, âgés de 3 à 6 ans. Par prudence, j'en mets toujours deux bien calmes à l'avant pendant que moi j'assure l'arrière-garde. Ce jour-là, Romuald, petit bout de trois ans marche en tête, tenant la main d'une grande. Il est toujours si calme, si mignon...Seulement voilà...Je pense qu'il n'apprécie pas, mais pas du tout, ma demande de ralentir le pas, lancée de l'arrière. C'est lui le chef ce jour-là et il aurait bien voulu faire comme bon lui semblait...le voilà donc, très en colère, qui quitte le petit chemin où nous nous promenons, et pénètre en courant dans le champ de maïs que nous longeons. Regardez bien la photo ci-dessus. Un champs de maïs, c'est une forêt très dense, pour un petit bout...Il disparaît de ma vue instantanément. 

J'ai neuf mômes que je ne dois pas laisser seuls, j'en ai un autre à récupérer. Je l'appelle, pas de réponse. Alors, je fais asseoir mon petit monde sur le talus et m'engage vers l'endroit où Romuald a disparu. Je le retrouve, complètement tétanisé, apeuré, perdu au milieu d'une énorme forêt....Je me doute qu'il s'en souvient encore...Pour moi, une sacré émotion...Le soir, le poème, plus bas sur cette page, est venu tout seul, comme une évidence...

 

Le néon

Je suis toujours au Fayet. 

 Il a tout juste quatre ans, se prénomme Yves. Un petit bonhomme tout tranquille. Ce matin-là, il est assis sur son lit et commence à s'habiller. Il lève alors la tête et s'écrie : "Il est pas beau le néon". Il prend son chausson, le lance très fort et...casse le néon. Arrive Michel, notre directeur. Je dirais qu'il est brave, posé. Il prend un escabeau et, calmement, change le néon. Le gamin le laisse faire, attend qu'il ait fini et alors nous lance : " Il est toujours pas beau le néon"...Il reprend son chausson, le lance et recasse le néon !!! Pour sa défense, je dirais que Michel avait remis exactement le même ( forcément !)...Là, le gosse a eu droit à une belle punition ! Méritée, je pense.

 

Reviens, Romuald, reviens

 

Reviens, Romuald, reviens,

Oh, je t'en supplie, reviens,

 Mais l'enfant n'est pas revenu,

 Mais l'enfant n'a pas entendu.

 

Il avait rencontré la liberté

Et se trouvait empli de sa beauté.

dans les prés verdoyants, il gambadait,

Avec les oiseaux du printemps, il gazouillait.

Il continuait toujours son chemin

Au milieu des fleurs et des sapins.

 

Il s'épanouissait dans cette  verdure,

Lui qui n'avait connu que des murs,

Du béton, du goudron et des serrures,

Des paysages noirs et des voitures.

La nature s'ouvrait à lui

Loin de la laideur et du bruit

Elle lui traçait des sentiers

Couverts de mousse et de fleurs des prés.

 

Pourtant un jour, il faudra revenir,

Dans cette splendeur, tu ne pourras survivre

Tu ne pourras rester en marge de la société

Enfant sauvage imprégné de liberté.

Il faudra te construire un avenir

Et tout ceci s'ancrera dans tes souvenirs.

Mais pour marcher au long de ta vie,

La nature, toujours, sera ta plus fidèle amie.

 

Il disparaissait de plus en plus,

loin de la vie civilisée, il allait vers l'inconnu.

Il fuyait le monde pollué,

Il aimait et se sentait aimé,

Il connaissait la liberté et le bonheur

Dont chacun rêve au fond e son coeur.

 

     Reviens Romuald, reviens,

     Oh, je t'en supplie, reviens,

     Mais l'enfant n'a pas entendu,

     Mais l'enfant n'est pas revenu.

 

                                                                     Mony

 

 

Vous pouvez aussi aller jeter un oeil à ma page sur les mots d'enfants, quelques instants tendresse.

Commentaires : 9
  • #9

    Mony (mardi, 12 janvier 2016 11:40)

    Michèle, j'espère que vous repasserez par ici car je n'ai pas pu vous joindre via mail

  • #8

    Mony (mardi, 12 janvier 2016 11:33)

    Coucou Michèle
    Je vais répondre en message personnel... Je ne sais pas si l'aérium du Loup'tiou était déjà en activité en 1945
    Le téléphone de la mairie du Fayet, peut être en savent-ils plus : 0450782769
    Amicalement

  • #7

    Michèle Vanco (mardi, 12 janvier 2016 11:18)

    C'est en faisant des recherches sur les souvenirs de mon enfance que je cherche des renseignements sur le chalet où j'ai passé plusieurs mois à l'âge de trois ans ! C'était en 1945 46 ! Je sais que c'était au Fayet . J'ai quelques photos mais aucune indication concernant le nom de l'établissement. J'avais eu la primo infection et c'est la raison pour laquelle j'avais fait ce long séjour....Quelqu'un peut-il me renseigner ?
    Un grand merci d'avance !

  • #6

    Pascale (lundi, 05 août 2013 13:04)

    Ces histoires me rappellent les miennes... Qui sont, déjà, de l'histoire ancienne...
    Le néon ? Ils sont tous pas beaux les néons de toute manière !
    Bises Mony

  • #5

    monyclaire (dimanche, 04 août 2013 21:25)

    Bonjour Denis,
    De quel établissement s'agissait-il ? Ce serait super que cela soit " le mien"...

  • #4

    denis (dimanche, 04 août 2013 12:35)

    cela me fait plaisir, je suis en train de trier mes vieux papiers et je suis tombé sur les lettre que la monitrice envoyais a mes parents.....c'était en avril 1972, j'avais 4 ans et la monitrice s'appelait Monique.

  • #3

    monyclaire (vendredi, 01 février 2013 23:11)

    Merci à tous les deux...Je garde de doux souvenirs de tous ces bambins...Qui doivent avoir dans les 45 ans aujourd'hui....Bisous à tous

  • #2

    gitantroubadour (vendredi, 01 février 2013 19:42)

    Pour être déja rentré dans un champ de maïs j'imagine très bien la détresse d'un petit bout de trois ans.
    Ton poème est superbe, j'adore !!!!
    Bonne soirée Mony !!!!!

  • #1

    M De Rodrigue (jeudi, 31 janvier 2013 12:04)

    Sourire ! J'ai beaucoup aimé " Le néon " ! Merci pour ces instants d'enfance tout en tendresse.