Ma dernière interview

 

 

Jennifer Joanskingdom a eu la gentillesse de m'interviewer, voici ce que cela donne :

http://joanskingdom.blogspot.com/2012/02/interview-de-monique-sauvanet.html

nterview de Monique Sauvanet


Je vous présente Monyclaire, auteure de Sans raison apparente



1/ Peux-tu me parler un peu de toi ?
Pas facile de répondre à cette question... C'est sans doute pour cela que j'y ai répondu en dernier !!! Je préfère écouter les autres que parler de moi...
Bon, 59 ans, j'aime la vie et j'essaie d'en profiter au maximum.
Les choses arrivent, je compose avec et je vais là où se trouve le soleil.... Je vise l'impossible, je crois en l'improbable, j'ai les pieds sur terre et l'esprit irrémédiablement optimisme, je suis incurable...Si l'esprit ne s'envole pas un peu, on reste sur terre...parfois à trop souffrir...Je préfère m'évader dans le sourire que subir ce pour lequel je ne peux rien....


2/ Comment devient-on écrivain ?
Je ne sais pas si je suis écrivain... mais je crois que je me suis raconter des histoires bien avant de savoir lire ou écrire. Ensuite l'écriture a toujours fait parti de ma vie, comme cela, juste pour les proches.
Puis un jour, un cyclone a traversé ma vie et l'écriture est devenue une thérapie nécessaire, l'occasion d'écrire le récit de mon combat. Ce livre, deux fois primé, m'a encouragée pour continuer. Depuis, je continue et continuerai tant que j'y prendrai du plaisir à le faire.

3/ Qui t’as donné le goût de la lecture et de l’écriture  ?
Qui ? Quoi ? Je ne sais pas. Mais dans ma famille, mon père, mes oncles, tous travaillaient dans une papeterie. Enfant, j'ai le souvenir de ces livres que mon père rapportaient à la maison, parce qu'ils avaient un défaut, ils avaient été retirés de la chaîne de fabrication. Il me semble encore me souvenir de cet odeur de neuf, de beau...j'aime les livres, c'est une histoire d'amour entre eux et moi...
4/Comment t’es venue l’idée d’écrire ce livre ?
Après le récit de mon combat contre le cancer, le récit de notre périple vers Compostelle, un recueil de nouvelles, deux romans pour la jeunesse, il m'a semblé naturel d'essayer un genre différent.
5/ Qu’est-ce qui a été le plus dur à l’élaboration du roman ? (les idées, les illustrations, l’éditeur …)
Les idées viennent assez facilement, le plaisir est là, sinon j'arrêterais d'écrire. L'éditeur, je n'en cherche pas puisque l'auto édition me satisfait totalement. Ma plus belle récompense ? Lorsqu'un lecteur inconnu revient pour acheter un autre de mes livres. J'aime le contact avec mes lecteurs. Je ne recherche pas la gloire, juste conserver le plaisir d'écrire.
Alors le plus dur ? Rien !!!
6/ Qui est le créateur des illustrations sur ton livre ?
C'est l'histoire d'une belle rencontre sur le Net. Elle s'appelle Maryse Petitiot et c'est la troisième couverture qu'elle accepte d'illustrer pour moi. Maryse est géniale. J'avais peu d'idées à ce sujet mais Maryse en lisant le roman a tout de suite su en extraire les idées principales, je la remercie encore ici, pour son talent, son écoute et son coeur gros « comme ça ».
7/ Quelles ont été tes sources d’inspirations ? (une musique, un film, un auteur …)
Je ne sais pas vraiment. Je suis très observatrice, j'écoute, je regarde. Je pense que c'est dans toutes mes observations que je puise la plupart de mes idées. Mais la source première de mes inspirations, ce sont....Mes insomnies ! Il faut bien qu'elles servent à quelque chose !
8/ Est-ce que le mythe de la page blanche existe-t-il vraiment ?
Pas pour moi, non sincèrement. En fait, je commence par écrire «  dans ma tête ». Lorsque je suis en balade, dans une file d'attente, lors de mes insomnies etc. Lorsque je m'installe devant le clavier je n'ai plus qu'à retranscrire toutes ces idées.
Je ne me dis jamais : «  Je vais écrire », je le fais simplement au moment où quelques mots ou quelques lignes se sont déjà proposées à moi.
9/ Combien de temps faut-il pour écrire un roman de ce style ?
Pour mon dernier roman, j'ai écrit le premier chapitre, très rapidement. Puis, je me suis retrouvée bloquée, les personnages ne pouvaient plus évoluer...J'ai laissé six mois s'écouler et la suite est arrivée, simplement; comme une évidence, assez rapidement. Mais c'est là que le travail commence vraiment. Je veux parler de la mise en forme, de la relecture, de la correction...

10/ Peux-tu nous dévoiler un petit extrait de ton livre ?
Été 2002
Les gamins la poursuivent en l’injuriant, elle avance, imperturbable, avec son perpétuel sourire. Un sourire qui ne la quitte jamais. Indifférente aux quolibets. Les jurons semblent glisser sur elle. Il est de notoriété que la fada est complètement sourde.
Son arrivée par ici, quelques semaines plus tôt, a éveillé peu d'intérêt. Elle est devenue la nouvelle locataire d'une vieille maison située en bord de forêt, à quelques kilomètres de la ville. Personne ne sait trop ce qu'elle y fait, ni de quoi elle vit.
On l'aperçoit parfois, tôt le matin, elle vient faire quelques provisions. Personne n'a jamais entendu le son de sa voix, elle se contente de hocher la tête pour dire bonjour. On a cru qu'elle était muette, on en a déduit, sans doute un peu vite, qu'elle n'entendait rien. De là à l'affubler du surnom de la fada, il n'y a eu qu'un pas que les garnements du coin ont vite franchi.
Cela n'est pas pour déplaire à Léa, bien au contraire. Elle a besoin de passer inaperçue, le plus longtemps possible. Que personne n'ait reconnu en elle la petite fille qu'elle a été en arrivant enfant dans la région, la rassure plutôt. Pourtant, ce matin, pour celui qui est, enfin, revenu elle aimerait bien, ne serait-ce qu'un instant, se retrouver dans la peau de la jolie jeune fille qu'elle est réellement, .
Léa sait qu’il la suit des yeux. C’est son odeur qu’elle a d’abord sentie. Il n’a pas perdu cette jolie habitude, celle de mâchouiller des bonbons parfumés à la violette. Avant de le voir, elle a su qu’il était de retour.
Elle ne veut pas se retourner, lire l’étonnement dans ses yeux. Comme il la trouverait changée ! Aujourd’hui, plus encore que d'ordinaire, les moqueries des gamins du village lui font mal. Elle en a assez de jouer son rôle, car il s'agit bien d'un rôle. Elle est proche du dénouement. Elle a confiance, elle sait qu'elle va bientôt gagner, que cette histoire sordide touche à sa fin. Depuis le temps qu'elle attend ce moment. Elle ne peut pas tout gâcher, elle est trop près du but. Il lui est difficile cependant de jouer la comédie. Parce que Denis est là. Elle l'avait si souvent espéré, avait si souvent été en mal de lui.
Pourquoi réapparaît-il justement aujourd'hui, alors qu'elle doit être plus prudente que jamais ? Elle ne peut rien lui raconter, ce serait rompre ce bel équilibre, ce serait perdre sa crédibilité, ce serait avouer son nom, ses origines. Elle ne peut pas se permettre d'éveiller les soupçons.
Son amie Carole l'a contactée tôt ce matin. La fin est proche, elle a prévenu la police qui, en ce moment même, doit se rendre sur les lieux. Pour autant, tout danger n'est pas écarté, bien au contraire. Tant que l'assassin n'est pas sous les verrous, il persiste toujours un risque d'une tentative d'agression sur la personne de Léa. Carole lui a recommandé la plus grande vigilance car elle a perdu de vue celle qu'elle poursuit depuis tant d'années. À l'heure actuelle, elle ignore si elle est toujours à Coullons, cette ville de Sologne où elle travaille ou si elle est retournée durant la nuit à Durtal, en Anjou, là où se trouve Léa.
Elle s’observe, sans douceur. Elle est décoiffée, mal fagotée. Elle a honte, elle est lasse. Ne plus lutter, se cacher, en finir avec toute cette méchanceté. Pourquoi a-t-il fallu qu'elle supporte tout cela  ? Seule la certitude de voir cette horrible histoire se terminer lui donne la force de continuer.
Ses années d'exil sont bientôt terminées, elle n'aura plus besoin de se cacher. Patience Léa, patience..
Elle se hâte de rentrer chez elle. La même maison, en bordure de forêt. Depuis tout ce temps, sans pouvoir faire un minimum d’entretien, c’est une ruine qui abrite ses nuits. C’est là qu’elle court se réfugier, s’isoler. Elle n’entend aucun bruit, elle se doute que Denis ne la suit pas, c’est peut être mieux ainsi. Il va repartir, déçu, et elle continuera sa route.
Elle espère cependant qu'il prolongera, un peu, son séjour par ici. Elle voudrait tant pouvoir enfin se libérer de toutes ces années de cauchemar. Il l'écouterait, la comprendrait, elle en est sûre. Même si, et c'est bien normal, il a une vie, ailleurs, peut être même une femme, il saurait la réconforter, en toute amitié.

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De loin, Denis l’observe. Il l'aurait reconnue entre mille. Il a la conviction qu'elle joue une comédie. Elle est comme déguisée, enlaidie, du moins le croit-elle. Elle a toujours ce maintien altier, et malgré son air de sauvageonne, il la trouve irrésistible. L'espace de quelques instants, il se demande comment il a pu l'oublier au fond de sa mémoire, comment il a pu rester tout ce temps sans essayer de la revoir.
Perplexe, il fixe cette silhouette qui se hâte vers la sortie de la ville. Il ne sait que penser. Cela ne peut pas être « sa » Léa. Pas cette femme, en guenilles, mal coiffée, qui se sauve sous les insultes et les moqueries de ces gamins.
Il a quitté une petite fille gaie, dynamique, sûre d’elle. Une petite fille, excellente en classe, qui avait toutes les chances de devenir quelqu’un de bien.
Certes, le temps a passé. Denis ne s’attendait pas à trouver les choses telles qu’elles étaient lorsqu’il avait quitté la région. Pas mal d'années se sont écoulées. L’enfance est loin derrière eux. Chacun de leur côté, ils ont parcouru leur itinéraire scolaire. En ce qui le concerne, le primaire, les années collège, le lycée, puis un passage sur Paris pour intégrer une grande école et poursuivre ces études de journalisme qui l’avaient toujours fait rêver. Son diplôme en poche, il a signé un contrat intéressant auprès d'un grand journal.
Ce métier lui plaît, même si cela semble incompatible avec une vie privée normale. Après un reportage de presque trois mois où il a suivi un peuple nomade à la frontière de la Mongolie, il a décidé de prendre quelques vacances.
Sans en comprendre les raisons, sa mémoire l’a ramené vers ce coin d'Anjou, là où il garde de si jolis souvenirs. Située au bord du Loir, Durtal est une petite ville qui semble se recroqueviller sous les murailles de son château. Enfant, il a toujours été impressionné par cette imposante silhouette qui lui semblait protéger les environs plutôt que les dominer.
Il ne veut pas se montrer. Pas encore. Il se souvient. La fada, alors, ne s’appelait pas ainsi. Elle avait trois ou quatre ans lorsqu’il l’avait vue pour la première fois. La rentrée des classes était déjà faite depuis longtemps ce jour où le directeur était venu leur présenter cette petite fille. Elle s’appelait Léa. Elle avait attisé la curiosité comme chaque fois qu’une nouvelle arrivait, ni plus, ni moins. Denis la revoit encore, avec ses longs cheveux si blonds, ses yeux qui pétillaient de malice et cet air de conquérante. Elle les avait salués d’un sonore bonjour, une voix à l’accent chantant du sud. Un rayon de soleil était entré dans la classe. Lui était chez les grands de la maternelle et il avait trouvé naturel de lui proposer de venir s’asseoir à côté de lui. Pour la protéger ou lui venir en aide, si besoin. Très vite, il s’était rendu compte que Léa n’avait nul besoin de soutien. Très sûre d’elle, elle avait rapidement réussi à apprivoiser toute la classe. Les filles d’abord. Parce que Léa savait rire et que, débordant d’imagination, on ne s’ennuyait jamais avec elle. Elle n’avait pas son pareil pour vous entraîner dans les plus folles aventures. Elle n’avait peur de rien ni de personne.

11/ As-tu un roman en cours d’écriture ?
Oui, j'ai jeté les bases du suivant, sur un thème qui me tient à coeur...mais il est trop tôt pour en parler.

12/ Un petit mot pour tes lecteurs ou futurs lecteurs ?
Je les remercie de leur fidélité, de leur curiosité aussi. Ils me suivent alors que mon univers est très varié.

Je voudrais remercier Monique pour le temps qu'elle a pris pour répondre à mes questions.

 

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