J'ai reçu des nouvelles du cancer

Tout a commencé par un défi que j'ai lancé sur ma page Facebook, le voici :

Un petit défi que je lance à tous mes amis auteurs ( même aux autres, pourquoi pas)

par Monique Sauvanet, vendredi 7 janvier 2011, 16:46

Un défi où il n'y aurait rien à gagner, rien à prouver.

Je vous demande simplement ceci : m'envoyer un écrit, sujet libre, en forme de lettre, nouvelle peu importe. Pas de contraintes particulières sur la longueur du texte.

La seule contrainte serait celle ci : dans votre texte, un personnage doit avoir ou avoir eu un cancer... Quelle que soit la dureté de son combat, la pénibilité de son traitement, le lecteur doit apprendre qu'il le gagne ce combat. Ce n'est pas de l'utopie puisque je suis bien placée pour le savoir...

Serez vous nombreux à avoir envie de participer ? À avoir envie de dire, d'écrire : Oui, c'est possible, j'y crois...C'est important pour chaque malade qui se bat en ce moment...

Vous pouvez m'envoyer vos écrits par MP, ainsi je peux faire une relecture si vous le souhaitez.

Si les textes sont assez nombreux, je veux bien m'occuper de les réunir et de les publier via TheBookEdition, au seul prix de revient, chacun pouvant alors acheter un exemplaire s'il le désire.

À vos claviers...

 

 

Très vite, une, puis, 2, 3, 4 amies ont relevé ce défi.

Un divorce annoncé de Véronique Audelon

J'imagine assez une femme assise sur le bord de la scène, les jambes pendantes, racontant cette petite histoire...

Entre lui et moi… tout a commencé par une douleur ! Mauvais présage ! J’vous conte l’histoire en quatre mots…Bon d’accord… deux mots… J’essaie d’condenser !!!

Ça fait déjà quelques mois que j’ai mal, de temps en temps, un peu… mais bon… Pas l’temps ! Pas l’temps ! comme dit le p’tit lapin d’Alice. Et puis la p’tite douleur devient une grande… et un après-midi, j’me retrouve dans la salle d’attente de mon toubib préféré ! Y m’regarde de tous les côtés, le cœur, la tension et tout et tout… et m’donne une liste d’œuvres complètes : « Analyses en laboratoire » à faire dans les plus brefs délais…

J’passe donc par la case « Laboratoire », un matin… et la blondine qui m’attend, seringue à la main, remplit tellement d’tubes que j’arrête de compter à partir du cinquième ! Eh oh ! Vous nourrissez les vampires ou quoi ??? Laissez-m’en une goutte tout d’même… J’en ai besoin, moi aussi ! Non mais !!!

Revenue d’jouer les distributeurs pour Dracula and Co, je repasse dire un p’tit bonjour à M’sieur mon docteur quelques jours plus tard, toute contente de lui ramener d’quoi lire ! Ce coup-ci, pour sûr, ça vaudra la p’tite note… il en a carrément pour une heure de lecture… c’est moi qui fait une affaire !

J’le vois hocher la tête, se balancer de droite à gauche, se lever, se rasseoir, puis y m’regarde avec un drôle d’air. Bon, OK, il a pas aimé ! Faudra que j’fasse plus court la prochaine fois ! J’ressors avec une autre liste d’œuvres complètes, mais c’coup-ci, c’est plus ardu : « Examens à l’hôpital »…

Faudrait pas prendre l’habitude quand même, hein ? Pas mon genre de sport, c’truc-là !!! J’lance les dès… m’arrête sur la case « Hôpital »… et m’voilà pour la révision des cinquante mille, à attendre patiemment qu’une infirmière se pointe.

Puis elle arrive, le sourire aux lèvres… et moi… ben, j’la suis ! What else !!! Un examen… deux examens… trois examens…Eh oh ! J’suis pas toute seule, hein ! Vous pouvez aussi vous j’ter sur les autres qui attendent ! Enfin ! Y comprennent mon message, me laissent reprendre mon souffle et appellent le prochain patient…Ouf !!! J’commençais à craquer, là ! Moi, j’attends dans une chambre. Une minute… deux minutes… trois minutes… Et puis l’docteur arrive, l’air grave… et là… vlan… la sentence tombe : je m’retrouve mariée contre mon gré avec Crabouille le cancer ! Bien sûr j’râle, j’pleure, j’me roule par terre ! J’ai jamais demandé ça, moi d’abord ! Suis une solitaire ! J’veux personne dans ma vie ! J’veux pas, j’veux pas ! que j’crie à qui veut bien l’entendre ! Mais rien n’y fait... y veulent pas céder ! Et j’suis obligée de m’en retourner à la maison avec cet hurluberlu qui m’suit comme mon ombre ! Non, mais j’te jure ! Crabouille, c’est un nom ça ? Si y croit que j’vais devenir sa Crabouillette et m’laisser bouffer, y s’fourre le doigt dans l’œil… jusqu’au coude, Machin-chose ! Ah, mais, c’est que ça s’passera pas comme ça ! J’vais m’en débarrasser en deux temps trois mouvements ! Suis une rebelle, moi ! J’vais le virer vite fait, Truc-muche ! Bon, au début, j’reconnais… c’est pas facile de s’dépatouiller de c’pot de colle. C’est clair… y s’incruste, pire qu’un arapète ! Et faut dire qu’y s’laisse pas faire, le bougre ! C’est que l’Crabouille, c’est un méchant de chez Méchant ! Ca, y m’en fait baver ! Mais moi, j’lâche pas le morceau… alors là, pas question d’céder ! J’deviendrai pas la victime de M’sieur qui s’la pète et qui joue les j’suis le plus fort ! J’vais lui donner du fil à retordre, moi ! Y m’connaît pas ! Y sait pas d’quoi je suis capable ! Attends d’voir, mon mignon ! Et je m’accroche… jour après jour… avec une seule pensée : balancer c’malotru hors de chez moi ! Je m’accorde quand même plusieurs virées à l’hôpital… à tel point qu’y finissent par m’faire une carte d’abonnement, tellement y me voient… C’est vous dire !!! Ça, j’finis par connaître tout le monde là-bas, à force ! Leurs p’tites manies, leur couleur préférée, leurs séries favorites, leur surnom… comme si j’les avais tricotés !!! J’les reconnais même à leur démarche dans le couloir, toutes ces gentilles p’tites fourmis travailleuses qui gravitent autour de moi et d’mes frères et sœurs de galère, mariés d’force eux aussi ! Et je prends, j’absorbe, j’avale, j’ingurgite… toutes les armes qu’y m’donnent… jour après jour… mois après mois… pour m’débarrasser du gogo qui a envahi mon espace : les piqûres, les médicaments, les nausées, les vomissements, la souffrance… tout… absolument tout… J’recule devant rien, j’vous jure ! Y a plus qu’une chose qui compte : faire la peau à cet énergumène…

Et un jour… Enfin…Dernières analyses, derniers examens et…La Victoire, la Libération, l’Olympe… que dis-je… le Nirvana ! J’ai gagné… mon divorce est prononcé… aux torts de Crabouille !!! Y doit quitter la maison dare-dare… les pinces dans les poches et même pas d’pension… Et toc !!!

<sMoi, ben, vous pensez, j’fête ça ! Champagne ! Eh, bye, bye, Crabouille ! Ramasse tes abattis et barre-toi… Serai jamais ta Crabouillette ! Non, mais !!!

 

 

T'en souviens-tu Clara ? de fabienne Chopard. Cette nouvelle sera dans le prochain recueil de Fabienne

 

 

Il y a des jours où il serait bon de passer la matinée entière sous la couette. Seulement Clara, elle, doit se lever, prendre son petit déjeuner, se doucher, bref, le train-train quotidien.

C’est l’été, il fait beau, la canicule menace. Clara sourit, elle va pouvoir se vêtir de cette petite robe qu’elle s’est offerte ce week-end.

À 30 ans. La jeune femme est encore toute fraiche, ses cheveux auburn qui retombent en longues boucles jusqu’à la cambrure de ses reins, font sa fierté. Elle ne les a jamais coupés. Antoine son mari depuis dix ans, est parti au travail depuis longtemps. Il est prof de sport. Clara, elle, est infirmière à l’hôpital. Elle en voit de toutes les couleurs, chaque jour, mais jamais ne pousse un soupir de lassitude.

Aujourd’hui, elle commence à 13h. Elle a donc le temps de paresser devant son petit déjeuner puis sous la douche. Et elle y séjourne longtemps sous cette eau tiède salvatrice, en fermant les yeux de bien-être, se massant paisiblement le corps.

C’est quoi : « ça » ?

Oui là, tout près du sein droit, un peu vers l’extérieur. Une bosse, un renflement. Eh oh ! Ah non ! Pas question ! Parce que Clara n’est pas stupide, elle sait ce que cela signifie. Elle palpe encore et encore cette boule, minuscule certes, mais belle et bien présente. Elle lève les yeux au ciel, en s’appliquant à se concentrer.

Mince, des tâches au plafond ! Le toit fuirait-il ? Clara continue néanmoins sa palpation. La peau est rugueuse, elle a changé d’aspect. La boule a la circonférence d’une noisette. Clara se tâte sous l’aisselle : rien. L’eau continue de l’éclabousser de ses gouttes désormais refroidies. Le visage toujours levé en l’air, Clara perçoit les taches de moisissures. Quelle tuile !

Pas maintenant…

Penser à autre chose, vite ! Il y a un anniversaire à fêter dans une semaine, le cadeau à acheter, pas question de louper ça. Parce que Clara, elle sait bien ce qui l’attend. Elle n’est pas bête. Elle bosse dans le milieu médical depuis des années. Elle en a vu des vertes et des pas mûres.

Et voilà : elle décide qu’elle jouera à l’autruche, du moins cette semaine, à cause de l’anniversaire. Après, il sera toujours temps de voir. La petite boule n’est pas très grosse après tout !

Elle se sèche vivement, et enfile sa robe, celle qu’elle s’est offerte aux puces samedi matin, une robe volantée, le style qu’elle aime. Achetée trois francs six sous. Une misère ma pauvre dame.

Clara s’observe dans le miroir de la salle de bain, elle se trouve belle. Oubliée la noisette ! Un rapide coup de ménage, quelques livres à ranger qui trainent ici et là, une salade composée qu’elle se concocte avec envie : dés de pamplemousse, jambon, crevettes, avocat, un yaourt aux framboises, et une glace au chocolat. La voici fin prête pour entamer son travail à deux pas d’ici.

Tout l’après-midi elle soignera et réconfortera tout en même temps les nombreux patients qui occupent le service dans lequel elle est affectée depuis des années. Elle y voit de tout : des cancers, des maladies bénignes, des accidents de la route. On l’aime bien, Clara, dans le service. Pour son travail sérieux, mais surtout sa joie de vivre qu’elle transmet à chacun des patients.

Cet après-midi, elle ne pense plus à sa noisette, et se donne à fond dans son travail. Il est enfin 21 heures. Clara se déshabille et revêt bien vite sa robe hippie comme elle se plait à la surnommer.

Elle retrouve son mari. La noisette n’existe plus. Le couple se détend devant un repas préparé à la va vite : pizza au chorizo. Ce soir Antoine a envie de sa femme et celle-ci ne dit pas non. Et les voici s’enlaçant sur le lit, sauvagement. Clara a tout oublié, tout...

Mais le lendemain matin, sous la douche, la noisette est revenue. Clara la palpe, lentement. Pourtant, elle se sent en pleine forme. Elle sait qu’il va falloir qu’elle prenne rendez-vous chez son docteur. Du reste, ça n’est pas pour lui déplaire, parce que son médecin est le sosie parfait de son comédien préféré. D’ailleurs avant de faire la connaissance de son mari, elle s’inventait des tas de maladies pour aller lui rendre visite, dans l’espoir peut-être de…

Seulement le médecin en question est un franchouillard homosexuel qui bat campagne à tout va. Il n’empêche que, même s’il l’est, à l’époque de son célibat, Clara avait un faible pour lui.

Elle prend donc rendez-vous pour le lendemain, puisqu’elle ne travaille pas en matinée. Le docteur la questionne, lui palpe délicatement le sein, lui fait soulever le bras dans tous les sens et lui prépare une lettre pour passer une mammographie.

Et alors ? Rien de dramatique, pour le moment…

Clara cependant enrage. Pas question de tomber malade cette semaine. La radiographie attendra ! Elle pense à l’anniversaire. Dommage que la belle-mère soit de la partie, parce qu’elle a toujours le don de tout gâcher. Et la sienne est particulièrement aigrie contre le monde entier. Elle se plaint sans cesse de nombres de maux alors qu’elle est en parfaite santé. Il n’y a qu’elle qui compte ! Mais elle est la mère de son mari, donc pour ne pas froisser Antoine lors des réunions familiales, elle essaie de la supporter tant bien que mal.

Allez zou ! Les jours passant, Clara se conforte dans l’idée que sa noisette est tout juste bonne à disparaitre d’un coup de baguette magique. Mais d’un autre coté elle souhaite aussi en avoir le cœur net, ainsi elle sera débarrassée pour le week-end festif à venir.

Elle s’est même faite toute belle pour passer sa mammographie. Pour conjurer le sort ? En tous les cas, elle n’en n’a même pas touché un mot à Antoine. Une noisette reste une noisette, quelle qu’elle soit…

Et voilà que le sein de Clara s’aplatit comme une crêpe dentelle. Non ! Plutôt comme une pâte à pain avant qu’elle ne lève, de celles de ces pâtes à pain toutes rondes, un peu épaisses, molles, élastiques. Clara tique, un peu, beaucoup. Cela n’est jamais agréable de se faire presser la poitrine tel un citron ! La jeune femme se rhabille, fredonnant un air à la mode, et elle patiente en salle d’attente pour ses résultats.

Ceux-ci ne tardent pas à tomber : sa noisette a quelque chose de louche. Clara doit retourner rendre visite à son cher médecin, qui lui fait une lettre pour se rendre là-bas, où elle ne veut surtout pas mettre les pieds. Et tout va très vite. Antoine doit bien être mis au courant. Et de suite ce ne sont que larmes, visage ravagé de douleur, de la part du mari. Ah non ! Clara n’a pas besoin de ça ! Qui s’est offert une noisette ? Elle ! De ses deux mains appuyées sur les épaules d’Antoine, elle le secoue fermement. Il a intérêt à tenir le choc ! Ah que les hommes sont faibles ! De vraies lopettes ! Dire qu’il s’évanouit à la vue d’une goutte de sang. Eh bien ma fois tant pis, s’il le faut, Clara se passera de lui ! Parce que sécher les larmes d’une mauviette non merci !

Alors elle prend seule le chemin de l’hôpital. Le but ? Savoir ce qui se trouve dans sa petite noisette… Il se trouve qu’elle atterrit dans le service où elle travaille. Quelle chance ! Elle va pouvoir bénéficier de la télévision gratuitement ! Double ration de dessert. Elle n’est pas belle la vie ?

Les choses ne trainent pas. Si ça n’est pas malheureux ! Même pas le temps de papoter avec les collègues ! Mais déjà on prépare Clara, on la rase d’une main experte. Experte ou pas, il n’y a rien à raser puisqu’elle se fait les aisselles chaque semaine : enfin bon ici c’est la loi ! Ne pas s’opposer et se taire. Un point c’est tout !

Clara est vêtue d’une chemise d’hôpital moche comme un pou, avec un champ opératoire stérile qui recouvre sa poitrine. Elle se trouve la dernière des ridicules mais qu’y faire ? Rien !

Allez hop ! La jeune femme avale un petit comprimé qui lui fait tourner la tête. Clara se croirait sur les montagnes russes. On la trimbale de couloir en couloir, et bizarrement elle ne reconnait plus tous ces endroits où elle a l’habitude de travailler toute l’année. On la fait s’allonger sur un brancard, puis sur la table d’opération. Elle n’a que le temps de saluer l’anesthésiste et encore, il ne daigne pas même lui répondre. Quel malotru !

Combien de temps est restée Clara sur le billard ? Elle n’en sait rien. Et quelle importance ? Elle est revenue dans sa chambre, au chaud, et souffre à peine, un léger picotement. Maintenant, il va falloir gérer l’attente : 3 jours avant de recevoir le résultat.

Antoine est venu lui rendre visite, la trouille au ventre, et s’est écroulé sur Clara. Elle lui avait ouvert ses bras pour l’accueillir et il s’est évanoui sur elle, lamentablement. Il n’a jamais supporté l’odeur des hôpitaux.

Clara soupire. Quelle poisse ! Il ne lui reste plus qu’à sonner pour que l’une de ses collègues vienne lui prêter main forte puisque pour le moment, elle ne peut pas se lever. Et pour cause : avec un poids inerte de 70 kg sur l’estomac, elle ne peut pas bouger !

Antoine finit par se réveiller, un peu honteux, blanc comme un linge. Le temps d’embrasser sa femme et il s’en retourne à la maison, sans demander son reste.

Clara sourit. Enfin ! Elle va pouvoir papoter en paix avec ses collègues. Elle a oublié sa noisette… Elle s’endort, paisible, pour se réveiller assez tard le lendemain matin. Eh oui, privilège : on l’a laissé dormir sans la déranger. Elle en oublierait presque le pourquoi de son hospitalisation. Ah oui, c’est vrai : la noisette.

Encore une journée à attendre. Antoine ne revient pas. Il aura compris sa douleur. Clara ne s’en formalise pas. Elle passe son temps à converser, dormir ou regarder la télévision. Finalement elle est sereine.

Et voilà. Trois jours ont passé. Aujourd’hui, Clara sort de l’hôpital. Mais avant cela, le chirurgien doit lui donner les résultats de sa ponction.

Le crabe. Pas difficile à comprendre, Clara a le crabe, pas l’un de ces crabes verts genre étrille. Non. Le bon vieux crabe, genre tourteau. Bien imposant. Alors on fait quoi ? La chimiothérapie s’impose. Clara repense d’un coup à l’anniversaire du week-end à venir. Pas question de commencer le traitement avant, au risque de passer sa vie aux toilettes ! Elle veut y gouter au repas, Clara, et surtout au gâteau d’anniversaire. Il parait que cette année, ce sera un framboisier géant ! Son pécher mignon ! Faut pas charrier !

Rendez-vous pris comme si elle allait chez le coiffeur, pour la semaine d’après. Il faudra revenir à l’hôpital. Elle mettra Antoine au courant mais après l’anniversaire.

Finalement la fête s’est plutôt bien passé, Clara s’est goinfrée de gâteau. Antoine la pressait de questions depuis quelques jours, alors sur le chemin du retour, elle a lâché le morceau, le crabe, le traitement et tout le tralala.

Antoine pleurait comme une madeleine. Ah non ! ça n’allait pas recommencer ! Alors elle lui a servi un grand verre de cognac. Ils ont d’ailleurs tellement bu, qu’enivrés, ils ont fait l’amour sur le canapé du salon. Tout ça à cause du crabe, parce qu’en temps normal, Clara ne boit jamais.

Elle a oublié qu’elle a rendez-vous demain matin pour sa première chimio, Clara. Elle se réveille à l’aube, telle une souillon, sa chemise de nuit déchirée par endroits, à cause de la fureur de leurs ébats. Elle passe un temps fou à démêler ses longues boucles auburn. Une vraie romanichelle.

Antoine a tenu à l’accompagner dans le service d’oncologie. Là où elle doit avoir sa chimio. Clara n’a jamais travaillé dans ce service et elle est contente de ne pas supporter les bavardages de ses copines, au cas où ça n’irait pas. Elle renvoie Antoine gentiment, et s’allonge religieusement sur un fauteuil prévu à cet effet. On la perfuse. Le produit se déverse lentement dans ses veines. Clara s’ennuie ferme. La prochaine fois, elle apportera des mots croisés. Le temps passe. Deux heures plus tard, on la libère, et elle téléphone à Antoine qui vient la chercher. Elle aurait aimé faire du lèche vitrine, mais on l’a prévenu qu’il y aurait peut-être quelques petits effets secondaires, une légère fatigue.

Tu parles Charles ! Une heure trente plus tard, agenouillée au pied de la cuvette des toilettes, elle vomit tout ce qu’elle a dans le corps. Légers effets secondaires ? Elle est en colère Clara ! Elle a chaud, elle a froid. Antoine est effrayé, tout prêt à appeler le Samu, les pompiers, sa mère. Ah non hein ? Pas sa mère ! Surtout pas la belle mère ! Car enfin, la jeune femme serait capable de commettre un crime !

Seulement rien n’y fait, Antoine a craqué et la belle-mère arrive près de sa belle-fille en lui demandant comment elle se sent.

Bah ça n’est rien ma brave dame ! Juste une indigestion, à cause du framboisier, vous savez, l’anniversaire ! Clara a bien envie de lui hurler tout ça à la figure seulement, elle se sent si mal. Au bout du compte elle s’est endormie dans les toilettes, le visage reposé sur le rondin de la cuvette.

Elle se réveille alors qu’Antoine tente de l’extirper du local. Clara se traine jusqu’au lit, soutenue par son mari et la belle-mère qui souffle comme un bœuf. Eh ! Elle ne va pas lui faire le coup de la crise d’asthme !

Clara s’effondre sur le lit, toute habillée, telle une chiffe molle. Antoine la prend dans ses bras. Ah il peut l’ingrat, après l’avoir laissée seule dans les toilettes ! Heureusement sa femme a pris 3 semaines de congés pour maladie et ensuite ce sont les vacances pour 5 semaines. Le bonheur non ? Ils devaient se rendre au bord de la mer mais c’est plutôt fichu cette année.

De jour en jour Clara maigrit mais de toute façon, elle devait perdre du poids, ça tombe plutôt bien ! Elle en est à sa troisième semaine de chimio. Elle arrive plus ou moins à dominer les effets secondaires seulement ce matin, en se brossant les cheveux, elle a eu un coup au cœur. Elle perd ses longues boucles auburn.

Clara pousse un long soupir, il fallait bien que cela arrive un jour. Elle avait tenté de s’y préparer mais rien à faire : le choc est rude. Il en aura fallu du temps, des années, avant que sa chevelure atteigne le bas de ses reins.

Elle se dirige dans la cuisine et attrape le ciseau à découper le poisson. Elle n’a trouvé que cela. Elle s’en va dans la salle de bain, se lorgne dans le miroir. Clic, clac, font les ciseaux. Des boucles volent à tout va. Finalement, Clara se trouve jolie, les cheveux coupés à la garçonne, à la sauvage. Il lui reste quelques boucles qui la rajeunie. Une femme enfant. Voilà une belle trouvaille !

Hum… Plutôt le début de la fin ? Ah non ! Rester positive ! Elle retrouve un vieux foulard des années 80 qu’elle enroule autour de son crâne. Les boucles dépassent. Une échappée de Woodstock dans sa robe de hippie !

La belle-mère désapprouve ce changement, Clara s’en fiche comme de l’an 40 ! Antoine bave d’excitation, ce soir Antoine aura un dessert… En attendant, Clara doit rendre visite au spécialiste, pour des résultats d’examens. Il dévisage Clara, son œil brille de convoitise. Eh oh ! Doucement les basses ! L’heure n’est pas à la séduction.

Le doc se reprend, ravale sa salive, toussote. Les résultats ne sont pas fameux. La chimio n’a rien donné. Il va falloir opérer.

Clara réfléchit à vitesse grand V. Opérer quoi ? La noisette ? Oui, quoi d’autre ? Quelle gourde ! Pas le nez d’Antoine ! Et les questions affluent, forcement mais curieusement, elles restent ancrées au creux de la gorge de Clara. Et que fera –t-on après, et encore après ? Même si elle sait déjà…

Pour le moment, le rendez-vous est pris avec le chirurgien. Antoine ne dit pas un mot. Du reste il n’a pas intérêt ! Il semble abattu et essaie de se raccrocher à n’importe quoi, en l’occurrence, à la main de sa femme. Ce soir, Clara lui demande juste d’être aux petits soins avec elle. Donc forcément, caprices obliges : des cadeaux. La liste est longue : Un nouveau sac à main, bouquet de roses, non, pas des roses, c’est trop convenu, des œillets plutôt et du chocolat suisse. Antoine achète un plat chaud chez le traiteur du coin, hors de prix mais qu’importe !

Clara s’est faite belle, maquillée savamment, et Antoine est subjugué. Elle a peu mangé mais ce qu’elle a diné était exquis. Fatiguée, elle s’endort dans les bras d’Antoine, peu avant minuit.

Reprends des forces Clara, car demain tu devras batailler pour te tirer de ce mauvais pas.

De bonne heure, le lendemain, la jeune femme attend qu’on l’emmène au bloc opératoire. Elle est endormie, une nouvelle fois. Elle n’a pas peur. On lui ôtera sa noisette et le tour sera joué.

L’opération a duré plus longtemps que prévu. Clara se réveille, la bouche pâteuse, légèrement nauséeuse. Un tiraillement se fait sentir dès qu’elle essaie de bouger son bras. Un gros bandage comprime son sein droit. On lui a posé un drain, d’où se déverse du sang, le sien.

Elle se rendort, elle a compris. Combien s’est-il écoulé de temps depuis qu’on l’a remonté du bloc ? Elle ne saurait dire.

Bien plus tard, elle ouvre les yeux, ne sachant l’heure qu’il est. La porte de sa chambre s’ouvre doucement. Son chirurgien vient lui rendre visite. Il s’assied sur une chaise, prêt d’elle.

On lui a ôté sa noisette à Clara, celle qui la gênait, qui lui causait mille et un tourments.

Seulement, il a fallu enlever son sein que le crabe avait attaqué. La poitrine de Clara pourrissait. Mais chouette ! Une chance pas possible, le crabe s’est fait la malle dans la foulée. D’accord Clara est amputé d’un sein mais elle s’en fiche parce que ce qu’elle veut par-dessus tout, c’est ne pas avoir à bouffer les pissenlits par la racine. Du moins, pas tout de suite ! Elle aura tout le temps d’y penser à croquer de la verdure, lorsqu’elle sera une vieille pomme toute ridée et quelque peu édentée.

Il ne lui reste qu’un mamelon. Eh ! Cela n’était pas prévu au programme ! Clara n’a même pas le temps de s’apitoyer. Le doc lui balance des termes qu’elle ne veut pas comprendre. Chimio, rayons, préventions etc. Parce qu’après tout ce cirque, il va falloir remettre ça sur le tapis ?

Le calvaire de Clara…

Elle fait oui de la tête la jeune dame, comme une môme bien élevée. Elle accepte tout sans sourciller. Doucement elle détourne la tête et s’aperçoit qu’Antoine est assis près d’elle depuis un moment déjà. Il a tenu bon. Pas d’évanouissement, il est en grande forme aujourd’hui. Mais ce qu’il a entendu l’a terrassé. Il s’effondre. Et le voilà qui pleure. Le doc lui tend un kleenex. Clara lui jette un regard tel, que si ses yeux avaient étés des fusils, Antoine serait transpercé de balles depuis longtemps. On fait quoi maintenant, semble demander Antoine ? Mais là tout de suite monsieur, on roupille ! Clara vient de se taper quelques heures de charcuteries, elle a besoin de récupérer !

Pansement après pansement, la cicatrice guérit. Au bout de quelques temps, Clara rentre chez elle, orpheline. Elle s’en fiche, elle a deux bras, deux jambes, elle parle, elle a son amour auprès d’elle, sa robe hippie qui l’attend et surtout, elle vit.

Il faut te reposer Clara, un nouveau combat t’attend.

Elle a toujours raffolé des grasses matinées et elle en use et en abuse. Elle n’a pas repris son travail. Pas trop en état la Clara. Antoine la dorlote, la chouchoute et elle adore ça. La première fois qu’elle a voulu se faire à nouveau câliner, il y est allé doucement, il avait si peur de lui faire mal, de l’abimer. Mais Clara a su le guider.

Aujourd’hui le temps des réjouissances n’est pas de mise : la chimio refait son entrée par la grande porte. Les rayons vont s’inviter également. Très vite, ils laissent Clara sur le flanc, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Mais c’est quoi cette mascarade ? On lui a déjà ôté toute sa pourriture ! Pas besoin d’en rajouter ! Entre 2 traitements, quand elle arrive à se trainer, car il n’y a pas d’autres mots, jusque dans la salle de bain, elle se dévisage.

Ô miroir dis-moi que je suis la plus laide. Elle a des cernes grands comme des valises, et a perdu ses boucles. Elles n’ont pas mis longtemps à tomber. A l’hôpital on lui a appris à se maquiller… Antoine lui a acheté une perruque mais aucune ne peut rivaliser avec sa chevelure flamboyante. Et elle ne supporte rien sur son crâne, alors elle reste ainsi, nue… Elle s’en fiche parce que Clara souffre dans sa chair, vraiment, pour la première fois. Car enfin lorsqu’on lui a ôté sa pourriture de sein, ça n’était rien en comparaison de ce qu’elle endure maintenant. Tous ces effets secondaires, des journées entières passées allongée sur le canapé avec la cuvette sous le nez, ou à s’endormir dans les toilettes, ivre d’avoir vomi. Parfois lorsqu’elle arrive à sourire et marcher un peu dans le couloir, Antoine l’entraine jusqu’à la cuisine et l’installe sur une chaise. Il entreprend de la faire manger comme un bébé. Une cuiller par ci, une par là. La compote de poire, Clara adore ça, mais au bout de 3 cuillerées à café, elle n’en peut plus.

Ah non ! Pas question ! Le doc a dit qu’elle allait se remettre, que c’était du préventif. Puisqu’il l’a dit. Clara n’a retenu que le côté positif, que les mots qui sonnent joyeusement à ses oreilles. Elle pense au trou, elle ne veut pas y aller. Elle veut finir sa vie auprès d’Antoine.

Les vacances sont terminées, elle s’en souviendra Clara ! Quelle aventure ! Désormais, elle se nourrit mieux, elle a même repris un peu de poids depuis l’arrêt du traitement. Dernier examen. Ce jour, Antoine est allé garer la voiture après avoir accompagné sa femme en salle d’attente. Ceux qui sont déjà là, observent Clara comme si elle était une bête de foire. Oui elle est chauve et alors ? Mais ça repoussera tôt ou tard messieurs dames ! Pas d’inquiétude, ça n’est pas contagieux. Clara soupire doucement, la connerie des gens, jusqu’à la fin des temps …

On l’appelle enfin. Les résultats vite, vite…

Dans quelques secondes, Clara, ta vie basculera…

Elle est sortie de la salle d’attente et attend Antoine dans le couloir, assise sur un banc. Antoine qui marche à reculons parce qu’il a peur de la réponse. Clara l’aperçoit, ils se dévisagent, et Antoine pâlit. Ah non, il ne va pas lui faire le coup de la syncope ! Elle se lève en chancelant, encore fatiguée. Antoine qui sanglote convulsivement dans les bras de Clara qui, pour une fois, le réconforte, le console sans ronchonner.

 

La nuit tombe. Le couple est nu, sur la terrasse de la maison, en bord de mer. Il se tient derrière elle, en l’enlaçant tendrement. Clara respire à plein poumon l’air iodé, en cette fin d’été. Antoine, resserre son étreinte, comme pour la protéger, et embrasse le cou de sa femme, là où il fait si chaud, si doux... Il caresse délicatement l’empreinte de ce qu’aura été la poitrine de celle qu’il aime. Clara ferme les yeux en souriant de bien-être, et laisse aller lentement sa tête en arrière, sur l’épaule d’Antoine. Une brise légère fait virevolter ses longues boucles auburn autour de son visage resté étonnamment jeune.

 

Le bruit des vagues envahit l’espace. Antoine respire la peau de sa femme avec douceur. Clara ne souffre plus. C’était il y a dix ans.

T’en souviens-tu Clara ?

 

Guadeloupe me voilà ! Nathalie Pierre-jean

« Je vais partir au soleil , chouette, chouette ! Revoir mon adorable belle maman et profitez de la chaleur des caraïbes . Guadeloupe me voilà ! » C’était début février 2010 …

 

Oups , j’ai oublié de faire ma mammographie et j’ai 4 mois de retard , j’ai la tête déjà au soleil mais cette petite boule sur le côté de mon sein gauche me contrarie un peu, alors je prends rendez vous avant de m’envoler vers des vacances que toute la famille attend depuis quelques mois .

 

Samedi 06 février 2010 , clinique de l’Essonne près de la maison , un matin tristouille , gris , je me gare et en avant pour ma mammographie annuelle !

1 heure plus tard le verdict tombe , le radiologue m’annonce que je vais devoir «en chier» car un petit , que dis je , un gros crabe c’est installé bien au chaud sur le côté de mon sein gauche . Comme le chante si bien Faby « ce fût le début de mon exil après avoir entendu la sentence .La maladie avait prit place , je n’avait qu’une envie m’enfuir »

 

J’encaisse , l’annonce à qui veut l’entendre , m’organise dans ma vie professionnelle et personnelle et je décide de me battre et de ne rien lâcher. Merde , je vais avoir 40 ans et pas envie de partir là haut maintenant !!!! En parlant de partir d’ailleurs, je ne m’envole pas pour la Guadeloupe et prends la direction de l’IGR à Villejuif où je suis rapidement prise en charge. Mon objectif : revoir vite ma Guadeloupe et en pleine forme !

 

Mon oncologue est adorable , un tantinet charmeur et plein d’humour . Il me correspond parfaitement car je ne veux surtout pas quelqu’un de froid et réservé, même si on doit évoquer la mort , je veux quelqu’un qui respire la vie et la positivité. Le crabe fait 3 cm et il est coriace donc traitement de choc avec chimio néo-adjuvante (8 séances), opération pour enlever la tumeur ou le sein , radiothérapie (33 séances) et traitement médicamenteux pendant 5 ans , voilà mon programme pour l’année 2010 , je suis effondrée mais battante , à nous deux « la sale bête » !

 

Les 8 séances de chimio furent , comment vous dire, horribles , douloureuses et j’ai souffert le martyre mais en gardant l’envie de vaincre , de gagner , pas le choix je l’avais promis à mes enfants et mon mari , alors je fonce, fonce sans réfléchir .Je suis en « mode guerrière » , non mais ! J’ai fais tous les effets secondaires décrits dans la petite notice que l’on vous donne et même ceux qui ne sont pas notifiés car trop peu de cas recensés , eh oui ! Un exemple ?

 

Il est minuit , je me réveille et là une petite douleur à la gorge , je me tâte et horreur j’ai deux grosses boules sous le menton . J’allume la lumière , réveille mon mari qui ouvre les yeux péniblement en découvrant un alien dans son lit ! Attention Ridley Scott j’arrive pour le tournage de ton prochain film , hihihi. Sérieusement , il s’agissait d’une parotidite (inflammation des glandes salivaires ) et pour le coup je ne sais même pas si ce symptôme était dans ma petite notice mais après 2 Dolipranes et une nuit de sommeil , plus rien ….

 

L’opération se passe bien , la chirurgienne est adorable et bonne nouvelle , les ganglions sont sains et la tumeur est passée à 1,5cm donc elle enlève tout et garde mon sein , waouh la sale bête est enfin morte mais a t’elle fait des petits ? Après analyse , non !!!

 

La radiothérapie se passe très bien et devinez ? pas d’effets secondaires juste une petite rougeur , cool …

 

Nous sommes maintenant en janvier 2011 et cela fait maintenant 2 mois que je suis sous traitement médicamenteux et surtout JE SUIS EN RÉMISSION !

 

Et la Guadeloupe , me direz vous ? J’y ai passé les fêtes de fin d’année entouré de mes proches et amis , un vrai bonheur , le voyage de la rémission .

 

J’ai combattu, j’ai vaincu mais reste sur mes gardes ….La guerrière en moi sommeille mais n’y pensons pas et comme disait Friedrich Wilhelm Nietzsche, Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort !

 

Je veux revoir la mer de Catherine Mahieu 

 

J'ai lu vos textes Mesdames BRAVO, pour les guerrières, les battantes!

moi je me bats contre le crabe, comme vous l'appelez depuis 5 ans et là j'suis un peu essoufflée, désabusée, dégoûtée...

Les chimios que je viens de subir, 6 séances dont... 3 "doubles" rate foie, ces 6 séances ont été inefficaces!

J'ai souffert tout comme vous de tout les effets secondaires plus une fibromyalgie qui me tient depuis 10 ans, Merde j'en ai marre, marre des sourires convenus de mon médecin traitant, de la bienveillance du cancérologue, des encouragements de mon entourage, marre...

Mais c'est pas cette saleté qui aura ma peau, je l'ai décidé dès le début ce sera MOI pas lui, na!!!

Et puis... je veux revoir la mer, me promener avec mon aimé, mon double sur la plage, le soir avec le chien qui court devant et revient vers moi heureux de VIVRE...

Je veux voir grandir ma petite LOU et peut être encore d'autres petits enfants, je veux voir le 1er enfant de ma nièce préférée (Éloïse), je veux lui tricoter, comme promis sa 1ère layette...

J'écris en pleurant car je VEUX tellement y croire encore un peu

Je veux voir mon garçon autonome, mon Adrien tellement désiré, Merde je veux le voir devenir un homme, quelqu'un de bien j'en suis sûre!

je veux voir ma fille adorée (qui m'ignore et ne veut rien savoir de ce crabe qui me dévore...) Aurélie, elle aussi tellement attendue, avec tellement d'angoisses, elle, toute petite, toute "grinette" qui s'est battue pour vivre!!!Ma p'tite puce, je veux la voir enfin heureuse débarrassée de toutes ces haines et ces rancœurs qui noircissent nos relations...

Voilà, ce cancer ne m' a pas apporté que du noir mais aussi du bleu avec Moumoune, du soleil avec ma p'tite Nat si courageuse, de belles couleurs aussi avec Marine, de l'amitié pure et gratuite avec ma "grande" Marie-Renée...

Mais là tout de suite je n'ai qu'une envie: tout arrêter et me "barrer" loin, loin ou 'Il" ne seras pas là, ou l'on ne m'en parleras pas ni en bien ni en mal, Punaise j'veux juste vivre!!!

Commentaires : 2
  • #2

    monyclaire (mercredi, 02 février 2011 14:29)

    Ce défi est un vrai bonheur, je suis étonnée de voir que le sujet inspire et que chacun joue le jeu, respecte ma seule condition, merci à chacun des auteurs.

  • #1

    monyclaire (samedi, 22 janvier 2011 15:25)

    6 de mes amis ont déjà répondu présent. Je pense donc, avec l'accord des auteurs, réunir ces textes en un collectif que l'on publiera.
    Si vous passez par ici et désirez participer, vous pouvez m'envoyer vos textes, via ma messagerie. ( colonne de droite, en bas " pour un message, c'est ici")