Le complexe du survivant

Oui, aujourd'hui, j'ai envie de vous parler du complexe du survivant. De quoi s'agit-il ? En fait, c'est grâce à un article d' une amie internaute et qui partage un aspect de mon parcours, que je me suis aperçue que je n'étais pas seule à ressentir ce complexe. Après vous avoir fait partager quelques unes de mes "petites phrases qui tuent", via mon livre " En attendant les coquelicots", voici un échantillon des phrases qui blessent.

- Oui, toi tu es guérie parce que ce n'était pas un vrai cancer. ( Ah bon ?)

- Le cancer, on en meurt ( Excusez-moi d'être encore là !)

- Tu as eu un petit cancer ( avec un petit traitement aussi, sans doute ?)

 

En tant que malade, on est confrontée à la peur, l'indifférence ou, pire, à la bêtise. Mais notre statut ne s'améliore pas forcément lorsqu'on se dirige, avec espoir, vers la rémission, puis la guérison. Notre survie est comme équivoque. Pourquoi s'en est-elle sortie, elle, alors que mon amie, mon frère ou mon mari en sont  décédés?

Vu le grand honneur que nous devons à cette survie, faisons au moins profil bas.  Cachons nos dégâts collatéraux, vivons comme avant, en toute discrêtion...

Mais moi, je ne suis pas prête à baisser la tête, à m'excuser d'être encore là, pas prête à faire semblant. Non, je ne suis plus la même et si je m'efforce de vous le faire oublier en vivant "presque" normalement, ce cancer fait parti de ma vie et influence chacun de mes gestes quotidiens.

 

Pourquoi ce cri de révolte, ce jour ? Peut être parce que le ciel est gris ? Parce que je suis fatiguée ? Peut être... Plus sûrement parce que ma petite pitchounette de 2 ans est avec nous pour la semaine et qu'avec ses bras tendus vers moi,  j'ai mal de lui répondre: " Je ne peux pas, va voir Papy"

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Commentaires : 1
  • #1

    monyclaire (mardi, 31 août 2010 18:46)

    Décidément ce mot fait vraiment peur... Au point de ne même pas oser venir en parler ici !
    Merci à Thérèse, Pierre, Françoise et quelques autres qui m'ont envoyé un mail.
    Il y a surtout Justine qui me dit : " Je ne crois pas que je vais avoir le courage de continuer, le traitement est déjà si difficile..."
    Je sais que Justine, avec ses 25 jeunes années aura le courage de continuer, parce qu'on ne se pose même pas cette question... On avance et, parfois, on explose...