VOYAGES AU COEUR DE MES CHEMINS

A celui qui ne vieillira jamais

A mon père

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2 Commentaires

  • #1

    Zoridae (mardi, 17 novembre 2009 09:42)

    Ton texte est poignant et me touche profondément... Ti écris "Nos parents nous donnent la vie. Jusqu’à quel point nous appartient-elle ?" et j'ai cru lire que la vie de nos parents nous appartenait un peu, parce que de la leur était née la mienne. Lu trop vite mais n'est-ce pas un peu vrai, aussi ?

  • #2

    Joëlle (mercredi, 16 décembre 2009 08:34)

    Je n'avais pas mis mon commentaire au bon endroit, je le remets donc ici.
    Dans " Fiction et réalité", le texte que j'ai surtout apprécié et qui m'a fait repenser à un autre drame , c'est " A celui qui ne vieillira jamais", super texte sur le suicide.
    Merci à vous pour mettre si joliment des mots sur nos émotions
    Joëlle

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D’un jour à l’autre.

 

Un jour, le bonheur, le rire, la vie, le lendemain, la mort, le chagrin et les larmes.

Tu as partagé avec nous ce samedi-là, fait de moments simples, de ceux qui feront de beaux souvenirs. Tu as ri avec nous. Nous as-tu envoyé un signal que nous n’avons pas su ou pas voulu voir ? Que savais-tu, à ce moment-là, de tes projets du lendemain ?

Nous nous sommes quittés sur un «  à demain » que chacun se lance comme un dû, une évidence. Lorsque je t’ai embrassé, je n’ai pas assez profité de tes yeux, de tes bras. Un mot, un geste. Aurait-il été possible de changer le cours de ton histoire ? Ta décision était-elle sans appel, mûrement réfléchi ? Au contraire, était-ce une impulsion venue au cours de ta toute dernière nuit ? Nous ne le saurons jamais.

Après l’incompréhension, la colère, le chagrin, après les mille et une questions que nous nous sommes posées, le temps a fait son œuvre, nous apportant un peu d’apaisement. Tu as choisi de partir sans notre mère, après plus de 50 ans de mariage, vous sembliez heureux. J'ai beaucoup de mal cependant à comprendre ce chagrin que tu lui a imposé.

Nos parents nous donnent la vie. Jusqu’à quel point nous appartient-elle ? Tu disposais de la tienne, certes, mais en y mettant un terme, n’as-tu pas amputé une partie de celle de notre mère ? Mais ne t’inquiète pas, je n’ai ni le droit ni l’envie de te juger. Je t’ai promis de ne plus t’accabler de mes reproches, je t’ai promis d’accepter ta décision.

Tu étais un homme dynamique, imprévisible, gai, j’ai revisité nos photos qui parlent si bien de toi. C’est l’image de cet homme-là que je garderai en mémoire, pour moi tu ne vieilliras jamais.

Comme l’as dit un de nos grands chanteurs, tu vas passer ta mort en vacances, près de ta rivière. Je souhaite que le repos que tu es allé y chercher soit paisible.

Hier la mort, le chagrin et les larmes, aujourd’hui, l’acceptation, demain le bonheur, le rire… La Vie.

Mony

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