Voici un lien vers un site fait par et pour des femmes ayant eu un cancer du sein. On y trouve des infos, certes, mais pas seulement : De l'espoir, de l'optimisme, une bouffée d'air pur pour parler aussi d'autre chose.
Le lien suivant est très fort en émotion. Ce que disent ces femmes est un résumé de tout ce que l'on ressent vraiment tout au long de notre traitement et après. Ce texte doit être lu par tous, malades, proches et gens non concernés.
http://www.lesimpatientes.com/img/pdf/ilfautquelonvousdise.pdf
Quelques amies
MON HISTOIRE PERSONNELLE
Mon récit : "En attendant les coquelicots"
Le contexte:
Novembre 1998, j'apprends que j'ai un cancer
Janvier 1999, je participe à mon premier concours de nouvelles, qui ne doit pas faire plus de 6 pages.
J'arrive deuxième à ce concours, cela m'encourage. De plus mes proches veulent que je témoigne, que je raconte mon histoire. Ils m'encouragent à aller au delà et à raconter plus.
Voici quelques extraits.
En attendant les coquelicots
Vous aimez les coquelicots ? Cette fleur sauvage si fragile et pourtant si fière ; elle projette son rouge éclatant, mêlé de noir, comme pour nous faire oublier que nous la classons dans les mauvaises herbes. Cette fleur aura été mon soutien, ma lueur d’espoir, mon but pour sortir du tunnel. Ne souriez pas, dans l’échelle de valeurs des aides que j’ai reçues, elle figure en très bonne place. Une longue attente me séparait de son retour, mais dans mon coeur, le désir de la revoir me permit de ne pas sombrer dans le désespoir. Là-bas vers la lumière, il y avait un grand champ de blé, parsemé de coquelicots...
Nous rentrâmes le dimanche, car le lundi j’avais rendez-vous chez le gynécologue. Vous savez, ces visites de routine, que l’on fait chaque année à la même époque ? Moi, par pur hasard, c’était fin août que je me rendais à ce rendez-vous là. L’esprit ensoleillé, les yeux remplis de lumière, de couleurs, le coeur encore en fête. Brusquement, en une semaine tout a basculé.... I
Près de moi, j’ai eu peu de monde, mais ceux qui sont restés ont été merveilleux, ils ont su être là tout simplement. Ils m’ont beaucoup aidée par une courte lettre, une visite, sans rien attendre en échange. J’ai traversé des périodes où mon corps, mon esprit semblaient incapables de regarder autour de moi. J’étais engagée dans un combat intérieur si intense, que je suis devenue totalement indifférente au monde extérieur. Je dois avoir épuisé mon entourage, car il me semble avoir pompé sans relâche, toute mon énergie auprès d’eux. C’est pourquoi aucun mot ne sera assez puissant, pour leur faire comprendre aujourd’hui, combien je les remercie....
La théorie des gens non concernés m’a toujours un peu agacée. Moi, je n’ai pas honte de l’avouer, j’ai envisagé ma mort, et je n’ai pas l’impression pour autant, d’avoir cédé à une quelconque faiblesse. Cela m’apparaît comme rationnel ; à aucun moment, je n’ai douté de la force avec laquelle je me battrai, mais rien ne pouvait me permettre d’assurer que ce serait suffisant pour gagner ce combat....
Je retiens surtout de cet examen que je vais enfin être prise en charge, que je vais être soignée et par les plus grands. Dans les propos de ce docteur, émergent pêle-mêle, assurance, confiance, savoir-faire. Je suis rassurée, ici, le cancer n’est pas ce monstre invincible dépeint par l’opinion générale. Les équipes de médecins le combattent, le détruisent, il n’est pas le perpétuel gagnant....
Il insiste encore : « Pas d’inquiétude dans la tête, n’est ce pas ? Tout va bien.» Il est si convaincu et si convaincant qu’on ne peut que le croire. Pourtant il m’arrive de penser que ce docteur, à l’aspect bon père de famille, a parmi ses patients des cas désespérés, et je l’imagine leur parler comme il me parle, avec autant de certitude, autant d’assurance. Pouvons-nous, nous, malades, faire la différence ? Déterminer la vérité ? En avons-nous toujours envie d’ailleurs ? Nous voulons savoir la vérité, mais avouons-le, à condition qu’elle soit bonne, c’est ce que je crois...
Septembre 2008
Mon histoire n’est pas un conte de fée pourtant elle se termine bien. Je ne suis pas une fan de statistiques, je ne veux pas savoir le pourcentage de guérison pour ma sorte de cancer ou pour les autres. Ce que je veux retenir, le plus important à mes yeux, c’est que le cancer est une maladie comme une autre. La médecine a des moyens pour lutter et il faut lui faire confiance. Bien sûr, parfois hélas, l’histoire se finit mal, on connaît tous des cas de ce genre, alors inutile d’insister. Par contre, combien de cancéreux qui ont retrouvé une vie normale le crient haut et fort ? Pas assez à mon avis. Je le pensais avant d’être malade, je le pense encore plus fort aujourd’hui : les témoignages d’anciens malades sont essentiels pour faire évoluer cette image morbide du cancer.
10 ans que cet épisode est derrière moi, je garde mes « dégâts collatéraux », mais je VIS, du verbe vivre.
Si à l’époque le but que je m’étais fixé était de revoir les coquelicots, je n’imaginais même pas en rêve que 10 ans plus tard je ferai le chemin de Compostelle… 1700 kms de parcourus. Un bonheur qui ne se raconte pas.
La vie est un long chemin. Autant de chemins que de vies, chacun le sien. Il faut le parcourir du mieux que l’on peut. Derrière un rideau de pluie, il y a toujours le soleil.
Mony
5 Commentaires
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#1
Bonjour Mony,
Que tu t'exprimes bien, c'est tellement vrai ce que tu décris, il faut en parler des personnes qui sont guéries tout comme des femmes qui moi qui ne guériront pas mais qui s'accroche. L'espoir est toujours permis et j'espère toujours.
Bfrance -
#2
Merci de ton passage Bfrance. Je te cite, rien que pour toi, un autre passage de mon livre : " Il faut ignorer le nuage au dessus de sa tête et vivre, vivre avec voracité"
Je t'envoie des milliers de bisous ensoleillés
Mony
Le blog de Bfrance, rendez-lui visite, vous y trouverez également beaucoup d'informations :
bfrance.over-blog.com/article-31386475-6.html#anchorComme -
#3
Merci pour ce joli témoignage.
Présidente d'une association de femmes atteintes par le cancer du
sein, j'ai envie de faire lire aux patientes que je rencontre de votre
témoignage. Il représente tellement ce que nous vivons au quotidien
quand nous sommes en traitement.
Quand nous sommes passées de l'autre côté de la rivière, quel
bonheur -
#4
Bonjour
Merci d'avoir répondu à mon commentaire.
Je suis allée sur votre site. J'ai bien aimée.
Je vais acheter votre livre, le faire connaître à l'association et autour de moi, dans le milieu médical.
Vous avez entièrement raison.On parle constamment des personnes qui décèdent. L'image du crabe qui dévore est assez épouvantable et terrifiante.
Nous devons dire haut et fort que nous menons une existante normale, que le cancer a changé notre façon d'appréhender la vie , les évènements, que nous en sortons grandie.
Comme nouvelle présidente de l'association, je souhaite mener une action sur le remboursement des prothèses et des perruques, au cout trop élevé et que des indemnités existent pour les professions libérales.
Cordialement
Agnès -
#5
Je n'avais pas vraiment compris jusque là ce qui t'es arrivé. Si cela m'arrivait je ne sais pas si j'arriverais à faire preuve d'un tel courage ! Tu donne une magnifique leçon de vie à tous ceux, et je m'inclue dedans, qui se plaignent constamment au moindre petit bobos et au moindre tracas de la vie courante. Je te tire mon chapeau et je pense que les personnes comme toi dotées d'un courage extraordinaire ne méritent que du respect et de la bienveillance. Je suis ravie d'avoir pris le temps de faire un petit tour par ici!

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